Tags: La Véritable histoire de Spirou

17 fév 2013, Commentaires (2)

il y a des semaines…

Auteur: christelle

Il y a des semaines où tout se précipite… et celle qui se termine aujourd’hui a été très riche en trouvailles, émotions et promesses en tous genres.

La sortie de notre livre a eu le grand mérite de faire état au grand jour de nos recherches auprès de personnes  auxquelles nous n’aurions pas eu accès avant cela. Ainsi, nous avons été contacté par un ancien membre de la rédaction des publications Dupuis. Il a travaillé galerie du Centre à Bruxelles à partir de 1956 aux côtés de messieurs Troisfontaines, Delporte, Rosy… Nous sommes impatients de le rencontrer car il va pouvoir nous raconter par le menu l’organisation des rédactions, leurs interactions, mais aussi,et surtout, nous l’espérons, pouvoir éclaircir certains points. Cet aspect de l’histoire peut sembler loin de Spirou mais il permet de mieux comprendre l’état d’esprit de la maison Dupuis, lequel a toujours été en perpétuelle évolution, je dirais même en perpétuel tiraillement entre l’esprit de Jean Dupuis et la modernité.

Nous avons également repris contact avec un autre témoin. Il est un très grand connaisseur de la maison puisqu’il y a travaillé, et nous réservions son « interrogatoire » pour plus tard, ne pensant pas qu’il avait des choses à nous dire sur les premières années. Et c’était là une grossière erreur d’appréciation de notre part… Il nous a apporté des compléments d’informations que nous aurions bien aimé connaître sur l’épisode Hergé dans Spirou… Forts de ceux-là aujourd’hui, nous savons aujourd’hui dans quel sens compléter le sujet. On touche là la problématique de nos recherches sur des faits vieux de presque 70 ans, consignés dans aucun écrit. Thierry Martens était déjà décédé lorsque Pierre Matthews s’est souvenu de cet épisode, et les témoins à qui nous avons posé la question n’en avait pas connaissance. Nous avions déjà décidé de revenir sur la création du journal Tintin, ce ne sera donc pas difficile de revenir également sur cet épisode, les deux étant liés.

autoportrait de Luc Lafnet - 1935

Cette semaine s’est terminée en apothéose par l’annonce d’une vente aux enchères réalisée voici dix jours chez Artcurial de toutes les archives d’atelier de Luc Lafnet, celles-là même après lesquelles nous avons couru pendant trois ans et que sa détentrice refusait obstinément de nous montrer. Elle était d’ailleurs tellement obstinée qu’elle n’a pas voulu entendre notre demande et nous a raccroché au nez avant que nous ayons pu terminer notre plaidoirie. Après cela, elle n’a plus jamais répondu à aucun de nos appels… Rien d’étonnant de la part d’une femme qui a définitivement détruit la mémoire du peintre en brûlant toutes ses correspondances et autres documents. Bref, le fait que les archives aient été vendues signifie donc qu’elles vont enfin pouvoir être accessibles. D’ailleurs, nous avons appris cette vente par un de ses acheteurs, lequel nous annonce que dans son lot se trouvent des dessins troublants en rapport avec Spirou…  Encore quelques jours, le temps pour lui de tout trier et numériser.  Peut-être a-t-il la preuve irréfutable dont nous manquions jusque-là ? Comme vous l’imaginez, nous attendons fébrilement ces documents. Le mystère Davine sera-t-il lui aussi définitivement éclairci ? Nous avons reçu dernièrement par un de nos « correspondants » une planche signée Davine datée de 1935 dans laquelle apparaît le même peintre que dans la première planche de Spirou. Même barbe, même pipe, même implantation de cheveux, même chevalet… La ressemblance est frappante. Promis, nous vous la montrerons un jour, cette planche.

Si cela vous amuse, vous pouvez consulter en ligne le catalogue de la vente aux enchères : www.artcurial.com/pdf/2013/2277.pdf

Voilà les dernières nouvelles du front. Je vous l’avais dit, il y a des semaines où tout s’accélère…

A très bientôt,

Spirouette

Nous avons frisé l’arrêt du coeur

Ca y est, notre livre existe réellement, il est arrivé à Marcinelle aujourd’hui. Le bébé pèse 1,5 kg parait-il. 1,2 kg de moins que le Delporte. Il sera certainement plus confortable à lire au lit !

Jusque-là, nous n’avions que les cahiers non reliés envoyés par l’imprimeur et maintenant… Il nous faudra hélas attendre lundi, ou même mardi, pour recevoir nos premiers exemplaires. On trépigne d’impatience, évidemment.

En attendant, nous avons de quoi nous occuper, rassurez-vous. Nous consacrons toute notre énergie à l’étude de lourdes archives récupérées il y a 5 ou 6 semaines, archives que nous décortiquons et classons méthodiquement. Mais l’étude de documents est un puits sans fonds. On croit en avoir extrait tout leur contenu et quand on les relis, un ou deux ans plus tard, à l’aune de nouvelles informations, on découvre de nouveaux éléments… Hier, c’est bêtement en feuilletant tout-à-fait fortuitement un extrait de notre bio de Delporte que je me suis aperçue qu’elle décelait de nombreuses informations que j’avais totalement oubliées depuis. A croire que je n’ai pas travaillé 4 ans dessus ! Toujours est-il que nous avons amassé ces dernières semaines plein d’infos que nous aurions pu utiliser pour le premier volume. Mais, maintenant que nous connaissons exactement la forme de notre travail, nous savons très précisémment comment nous pourrons les exploiter dans le second tome de façon tout-à-fait naturelle.

Hormis ce travail d’archives, nous commençons ces jours-ci à répondre à quelques sollicitations en vue de la sortie du livre. Une télé sur France 5, quelques projections du documentaire de Pascal Forneri suivies d’une conférence, etc. Aujourd’hui, par exemple, nous avons eu la charmante visite de Jean-Pierre Mercier chargé de la grande expo Spirou qui aura lieu cet été à Angoulême. Notre mission : l’aider dans la sélection et la recherche de certains documents ainsi que lui apporter une sorte de rigueur historique. Nous avons le sentiment de devoir porter la bonne parole et c’est très étrange en somme.

Avez-vous vu les quelques previews affichées sur le site inedispisrou ?

A tès bientôt,

Spi.

18 sept 2012, Commentaires (0)

Auteur: christelle

Après un long moment sans grandes véritables avancées -relectures, corrections, etc -, voilà que la réalisation de notre livre avance à grands pas. Il est d’ailleurs sur le point d’être terminé.

Hier soir, je suis revenue d’une seconde longue séance de mise au point avec Philippe Ghielmetti, le maquettiste, au cours de laquelle nous avons peaufiné sa mise en page. Notre parti pris ? Beaucoup de pleines pages afin de mettre en valeur les documents proposés. Peu de planches ou de couvertures du journal, au final, puisque, tôt ou tard, elles seront toutes publiées dans des conditions optimales. Nous privilégions les photos, les courriers, les illus rares…

Ce qui est amusant, c’est que, comme nous, Philippe prend le parti de faire ce qu’il a à faire, et la pagination suivra ! On avance en se faisant plaisir, sans se priver de l’une ou l’autre envie. C’était une bonne chose de renoncer à étirer notre récit jusqu’en 1950, sinon, nous aurions du rentrer toute cette belle imagerie au chausse-pied !

Mon document préféré ? Sans aucun doute la reproduction du tableau téléphonique de Paul Dupuis, dans son agenda 1945. Il y a les numéros de téléphone de Doisy, Moons, son frère Charles, René Matthews… 487715, c’est le téléphone de Doisy. Je regarde cette liste de noms et je rêve à l’idée que peut-être, ils pourraient décrocher si l’envie me prenait de composer leurs numéros…

Mais j’aime aussi beaucoup la photo « plein pot » de la marionnette de Spirou et l’affiche inédite de Jijé, les photos de Lafnet, Blanche et Rob-Vel, celles des enfants Dupuis en pyjama… Il en reste une de Paul Dupuis et Blanche, son épouse. Ils sont décontractés, heureux, plein d’amour et de joie. C’est pendant la guerre, leur petit garçon de deux ans est en Angleterre -ils ne le reverront pas avant ses sept ans – et pourtant, ils sourient. Quelle leçon ! Nous n’avons pas encore placé cette photo mais je sais qu’elle aura SA place. Elle me touche beaucoup.

Nous avons commencé la rédaction des légendes. Sacré boulot !

Aujourd’hui, mardi, Philippe termine la mise en page du dernier chapitre, des annexes et des portraits.

C’est un vrai plaisir de travailler avec lui. Je le nourris de meringues, histoire de lui donner de l’énergie, lui qui travaille sept jours sur sept en ce moment…

A très bientôt,

Spirouette

Huit jou

10 sept 2012, Commentaires (8)

la voici, la voilà !

Auteur: christelle

Nous sommes heureux de pouvoir enfin vous montrer la couverture… signée Philippe Ghielmetti. Il y aura sans doute quelques retouches mais telle qu’elle est, elle nous plait ! Reste à savoir si elle fait de l’effet, comme dans la chanson…

A bientôt,

Spi.

Bonjour,

Une fois de plus, j’utilise ce blog afin de diffuser une demande d’informations à propos de, vous l’avez deviné, les Jeux de plage Spirou.

Michel V K. est passionné par le sujet et a mené à titre personnel des recherches extrêmement sérieuses. Il m’a contacté il y a deux jours, se demandant si nous pouvions l’aider. Hélas, nous n’avons rien sur le sujet, il en connaît mille fois plus que nous.

Mais vous, peut-être que…

A terme, ses recherches sont importantes car elles permettront sans doute un jour de pouvoir raconter, aussi sérieusement que possible, cette facette du Journal de Spirou. Et qui mieux qu’un passionné peut aller aussi loin ? Nous l’avons vérifié tant de fois depuis ces trois dernières années…

Alors, si vous avez une photo ou un souvenir, si vous connaissez quelqu’un qui a travaillé pour Les Rois du Volant entre 1955 et 1970, à ces jeux de plage organisés par le Journal de Spirou sponsorisés par  Apollinaris et Torck, présentés par Jean-Claude Mennessier, des documents sur ce merveilleux car publicitaire Apollinaris…

J’en appelle donc à l’esprit des ADS qui, on le sait, est toujours aussi vivace, pour lui prêter main forte. Doisy aurait su formidablement battre le rappel voici 70 ans et je n’aurai jamais assez de talent pour le faire avec son énergie et son sens de la solidarité. Que cela ne vous empêche pas d’être hardis pour autant !

Voici le mail de Michel :

duvimain@hotmail.com

Merci pour lui,

Spirouette

2 avr 2012, Commentaires (3)

Ah la vache ! ! !

Auteur: christelle

Oui, dès le titre, je jure ! Si la semaine passée, tout s’était passé magnifiquement, là, on peut dire que ça se corse. Jusque-là, j’avais pour mission quotidienne de commencer ET finir un chapitre. Or, lundi, j’attaquais « 1938″, chapitre comprenant le premier numéro de Spirou et la somme de travail était telle que j’ai fermé mon dossier à minuit passé (le lendemain, je savais que la journée commençais tôt…) sans l’avoir bouclé pour autant. Et jeudi, quand j’ai enfin pu m’y remettre, j’ai perdu un temps fou à me remettre dans le texte. Ca commençait mal… et les choses ne se sont pas arrangées car lorsque l’ai voulu attaquer « 1939″ et le départ pour le front de Rob-Vel, là, ça n’a fait qu’empirer. Les interventions des uns et des autres ne s’emmanchaient pas très bien et, faute de témoins de cette époque et de témoignages s’y rapportant, de grosses lacunes dans le récit. Bref, je ne m’en sortais pas. A 17 heures, j’ai déposé les armes. Tout en nous occupant des affaires familiales, Bertrand et moi continuions à réfléchir au problème, le tordre dans tous les sens… Et finalement, nous avons choisi d’adapter la forme au fond en reprenant la main dans le rédactionnel. Fort de notre connaissance du sujet, c’est donc nous qui allons vous raconter cette période transitoire. La situation s’est totalement débloquée quand, vers 21 heures, « la phrase » m’est apparue ; celle qui fait que plus rien ne vous arrête. « Le décès prématuré de Luc Lafnet… » Il m’a suffit de ces quelques mots pour écrire jeudi soir, en trois heures, ce qui n’arrivait pas l’après-midi même.

Là, nous sommes lundi et j’ai la seconde phrase qui va nous permettre d’enchaîner sur le récit de guerre à Marcinelle au cours duquel nous allons vous raconter la Résistance, le théâtre du Farfadet, les A. d. S., etc. La phrase, c’est « Pendant ce temps, à Marcinelle… »

Voyez, ça ne tient pas à grand chose, parfois : prendre de la distance avec le problème, le regarder sous un autre angle… et attendre que la première phrase arrive. Quand elle est là, vous la reconnaissez immédiatement car dès lors, plus rien ne vous arrête !

Et là, chaud devant, c’est partiiii ! Enfin, jusqu’à la prochaine impasse…

Spirouette

PS : Si vous vous demandez pourquoi ce dessin d’Emile Bravo, c’est simplement parce que nous l’avons rencontré vendredi après-midi, dans un café de Montparnasse. Lui qui a intuitivement tout compris au personnage de Spirou tel qu’il a été conçu à l’origine, nous ne pouvions pas ne pas le questionner sur son point de vue…

24 mar 2012, Commentaires (2)

13 + 16 = 29 pages !

Auteur: christelle

29 pages, voilà exactement là où j’en suis. On est vendredi, il est 22 heures 13 et je viens de fermer la première partie sur laquelle je travaillais depuis le début de l’après-midi. Avant cela, soucieuse de conserver une certaine rigueur chronologique, et surtout une avancée progressive et organisée du texte, je m’étais échauffée sur l’introduction.

Treize premières pages pour raconter les éditions Dupuis, depuis la naissance de Jean Dupuis en 1875 jusqu’à 1937, date à laquelle il décide de fonder Spirou. Sous forme rédactionnelle, émaillée d’extraits d’entretiens, j’ai voulu prendre le temps de cette longue intro pour camper l’ambiance. Spirou n’est pas né là par hasard et il serait absolument incongru de le couper de ses racines prises dans celles de la famille Dupuis. Pour raconter cela, nous avons la chance de bénéficier du très précieux appui de leurs archives familiales.  A la fois les célèbres mémoires de Jean Dupuis écrites lors de son exil en Angleterre pendant la guerre, mais aussi de celles de sa fille aînée Marie-Louise, ainsi que des souvenirs des petits-enfants de Jean. Pourtant, malgré cette base de travail solide et sérieuse, j’ai malgré tout du faire face à quelques incohérences : pour un même évènement, les différentes sources me proposaient des années différentes ! Qui croire ?! De micro-enquêtes se sont imposées… Quand je vois la qualité des documents originels, je reste perplexe sur toutes les infos qu’on trouve sur le net… Dans un souci de pure précision à l’attention des futurs chercheurs qui se pencheront sur Spirou, j’ai essayé tant que je le pouvais d’intégrer des précisions qui peuvent sembler superflues, telles que les diplômes exacts de René Matthews, les dates exactes de mariage (relevés d’après le livret de famille), les prénoms exacts et complets, etc. Autant de détails qui, dans le cadre de certaines recherches, peuvent grandement aider à dérouler le fil.

Comme je vous le disais, 13 pages pour cette intro. Afin qu’elles ne soient pas 13 pages de trop, je me suis évertuée à rendre le récit plaisant ; l’idée serait qu’il puisse se lire « comme une histoire ». Ce soir, je n’ai évidemment aucun recul et c’est là justement que ma collaboration avec Bertrand prend tout son sens. A lui, maintenant, de lire mon texte et de l’améliorer. Une écriture à quatre mains, en deux temps, si vous voulez. C’est ainsi que nous procédons pour les dossiers des intégrales, par exemple, et il est vrai que c’est un fonctionnement qui nous va bien. J’ai confiance en ses remarques et nous avons suffisamment d’expérience en la matière pour savoir « à peu près » gérer les difficultés de façon harmonieuse. Au pire, on s’engueule, mais la vie commune vient prendre le relais quand l’écriture nous oppose !

Et les 16 autres pages, me direz-vous ? Ah, les 16 autres pages… 1937-1938, autrement dit la naissance de Spirou. Et si j’ai poursuivi ce soir le travail en soirée, c’est parce que je voulais aller jusqu’au bout de cette première partie du premier chapitre… Réalisée sous forme de témoignages qui se répondent les uns aux autres, une polyphonie au doux accent wallon… Parfois, et c’est merveilleux, les interventions se répondent les unes aux autres, s’imbriquent comme par magie… et je ne peux alors m’empêcher de pousser un cri victorieux ! Comme je vous le disais précédemment, à cette étape là du travail, ça passe ou ça casse. Et j’avoue que pour le moment, ça passe plutôt bien. Et quand ce n’est pas le cas, je laisse tomber et me dit que telle ou telle intervention pourra bien prendre sa place ailleurs. Je vous l’ai dit, ce livre est un puzzle !

Mais là aussi, je manque quand même de recul. Attendons la relecture de lundi !

Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace !

Bon week-end à vous, il va faire très beau…

Spirouette-cacahuète !

17 mar 2012, Commentaires (0)

Rob-Vel, l’interview rêvée…

Auteur: christelle

voulez-vous que je vous raconte une anecdote amusante ?

Hier matin, alors que Bertrand me reprochait un sommeil agité, je lui rétorquais crânement que si sommeil agité il y avait eu, il n’empêche que cette même nuit, j’avais interviewé Rob-Vel… en rêve, évidemment. Ce à quoi, ahuri, Bertrand m’a répondu : « Incroyable, moi aussi j’ai rêvé que je l’interviewais… » Nous n’avons pas fait le même rêve puisque moi, je rencontrais Rob-Vel dans son petit deux pièces près de la gare de l’Est, et lui, dans son pavillon, Villa Félix Faure.

Voilà pour l’anecdote. Vous avez le droit de rire de nous, on l’a fait bien avant vous !

Un joli Spirou, venu de 1938...

Pour revenir à Rob-Vel, il y a quelques semaines, nous vous racontions par quel étonnant hasard nous avions retrouvé sa petite soeur. Aujourd’hui, nous sommes toujours en relation avec elle, via son fils, et si nous regrettons que son témoignage ne nous apporte pas davantage de précisions sur le contexte de la création de Spirou, nous sommes absolument comblés par la richesse des quelques photos qu’ils nous ont offerts. Peu, mais quelles photos ! Exactement ce que nous cherchions : Robert Velter, en uniforme sur les paquebots et, le joyau, une magnifique photographie le représentant avec son épouse Blanche, en 1938-1939, dans leur pièce à vivre de leur deux pièces près de la Gare de l’Est, là exactement où fut créé Spirou. Robert à sa table à dessin, elle, debout, à ses côtés ; un décor magnifique : sur la porte, un fanion Spirou punaisé, une table de salle à manger, un châle à franges posé sur un fauteuil, une étagère de livres et, au-dessus, l’extraordinaire portrait de Blanche réalisé par Luc Lafnet, celui-là même que nous reproduirons dans notre ouvrage. Les voir ainsi, dans leur univers, est infiniment émouvant. Leur couple prend corps, on est dans la magie d’un passé revenu. Nous ne dirons jamais assez l’importance de prendre son temps pour de telles recherches : 2 ans et 4 mois que nous sommes sur le sujet et nous faisons encore des découvertes aussi fabuleuses…

Nous conservons évidemment cette précieuse documentation sauvegardée en de multiples endroits et nous sommes véritablement impatients de partager tout cela avec vous. J’ai bien conscience qu’on met vos nerfs à rude épreuve avec un tel délai mais c’est nécessaire. Le revers de la médaille, c’est qu’à force d’attendre, vous imaginez plein de choses et peut-être serez vous déçus… Enfin, on fait tout pour que cela n’arrive pas !

J’ai terminé hier soir la seconde phase d’écriture et lundi nous pourrons entamer la dernière ligne droite. C’est là que va se jouer l’essentiel de l’écriture, le rendu émotionnel de nos recherches telles que nous les vécues tout en restituant la richesse historique dont nous sommes aujourd’hui dépositaires. Trouver le juste équilibre, la parfaite distance. C’est là aussi que nous allons pouvoir vérifier la tenue de nos entretiens. La grande question demeure la suivante : « Avons-nous la matière nécessaire à notre récit ? »

Quinze semaines, voilà exactement le temps qu’il nous reste. Hier, l’un d’entre vous nous rappelait un des commandements du Code d’honneur des A. d. S. : « Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace. »

CQFD

Bon week-end,

Spirouette !

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette

Anne-Marie, Monique et Pierre, trois frères et soeurs, neveux de Blanche Dumoulin… Ils ont très bien connu le couple Rob-Vel et Blanche et ils ont du conserver des photographies dans leurs albums de famille.

Le nom d’épouse de Monique est aujourd’hui Dubois et celui d’Anne-Marie, Berlemont.

Nos recherches pour les retrouver n’ont pas abouti. Si ces noms vous disent quelque chose ou si vous connaissez leurs enfants, contactez-nous de toute urgence. Nous savons d’expérience que les recherches généalogiques sont parfois un bon moyen de retrouver des personnes. Avez-vous des pistes ?

Même si par le biais de la soeur de Rob-Vel, nous avons obtenu de magnifiques photos, époque 1930- 1940, on a tout de même du mal à renoncer à en découvrir davantage…

Spirouette