Interviews :

« Bushido », un nouveau « Karaté Kid » ?

- 29/05/2017

Bushido, Tome 1« Bushido », est une nouvelle série d’aventures humoristique qui nous fait découvrir la mythologie japonaise, son système de castes, son code de valeurs, ses créatures fantastiques, et Yuki, un héros mal parti dans la vie mais dont le courage et l’optimisme vont vaincre tous les obstacles. Rencontre avec le scénariste, Thierry Gloris.

Question toute simple, quand on démarre une nouvelle série : quel en a été le déclic ? Pourquoi le Japon ?

« Bushido » est né avant tout de ma rencontre avec le dessinateur Gorobei*, (auteur d’« Atma » et de « Dofus Monster-Moon », entre autres). On s’est vus lors d’un festival de BD, le courant est passé entre nous. Je me suis dit immédiatement : « Il faut que je travaille avec ce garçon ; on s’entend bien, on a le même genre d’humour un peu bête ! » C’est parti de là. En ce qui concerne le Japon, c’est un pays qui m’a toujours attiré, mais je reconnais que mon approche de cette culture s’est d’abord faite via le manga, à la fois dans les dessins animés télévisés et les bandes dessinées. Je ne pourrais pas prétendre que le Japon est une passion première.

* Gorobei, c’est le nom d’un des sept samouraïs du film de Akira Kurosawa, devenu un classique. Manu Martin adorait ce personnage. Le dessinateur a d’abord choisi ce nom quand il intervenait dans les forums BD ; il a ensuite décidé de l’adopter comme pseudonyme.

Bushido, Tome 1 : extrait

Mais « Bushido » semble quand même assez documenté.

Oui, cette série a nécessité un gros boulot de documentation, mais j’avais déjà fait un album sur le Japon (« Tokyo Home », chez Kana) qui m’avait donné de solides bases, même si ce que j’écris reste toujours accessible au grand public ; je suis loin d’être un spécialiste du Japon, même si je connais un peu le pays car ma soeur y vit depuis déjà quelques années.
(suite…)

Que faites-vous ce w-e ? :

Nelson, lui, va être dépassé par la jeunesse !

- 26/05/2017

Qu'allez-vous faire ce week-end ? Nelson, lui, va être dépassé par la jeunesse !

Actualités :

Décès de Pierre Seron, auteur des « Petits Hommes»

- 24/05/2017

SeronLes Éditions Dupuis ont la tristesse de vous annoncer le décès de Pierre Seron, auteur des « Petits Hommes», ce mercredi 24 mai à l’âge de 75 ans.

Pierre Seron est né le 9 février 1942 à Chénée dans la province de Liège. Après des études aux Beaux-Arts de l’Institut Saint-Luc, en compagnie de ses futurs confrères Walthéry, Dany et Pleyers, il débute professionnellement sous le pseudonyme de Foal, en assistant Dino Attanasio sur « Spaghetti » et « Modeste et Pompon », Mittéï sur « Indésirable Désiré » et les décors de « Ric Hochet », et Maurice Maréchal sur « Prudence Petitpa ».

Il se présente au Journal de Spirou en 1967 où il débute rapidement en illustrant un récit complet écrit par Victor Hubinon. Simultanément, il crée « Les Petits hommes», dont le premier épisode, d’abord scénarisé par Yvan Delporte, est rapidement poursuivi par le journaliste Albert Desprechins. Les premières planches de cette série sont réalisées dans un style personnel, qui sera peu à peu abandonné au profit d’un trait plus franquinien, à la demande de l’éditeur Charles Dupuis. Desprechins cède rapidement la place à Mittéï – alias Hao – qui contribue largement au succès de la collection, reprise en albums dès 1972. Seron devient alors l’une des vedettes de l’hebdomadaire, où sa signature est omniprésente tout au long des années 1970. Son impressionnante productivité l’amène aussi à se diversifier, en créant à la même époque une série à gags, « La famille Fohal », dans Pif-gadget, dont les éditions Soleil proposeront des albums sous le titre La famille Martin.

Sans délaisser ses personnages-vedettes, il entame dès 1977 une nouvelle série pour Spirou, « Aurore et Ulysse », rebaptisée plus tard « Les Centaures ». Les albums se succèdent à une cadence soutenue, n’empêchant pas le dessinateur de devenir peu à peu son propre scénariste. Son goût prononcé pour l’expérimentation l’amène régulièrement à bousculer les codes de la bande dessinée classique, comme en témoignent le format horizontal des doubles-pages de « La planète Ranxérox », les fonds noirs de « Dans les griffes du seigneur », l’absence de couleurs dans « Le trou blanc », ou encore un « cross-over » entre sa série et celle de Gos, « Le Scrameustache ».

En 1999, il lance « Les Petites Femmes » aux éditions Joker, une série de six albums coquins. Et en 2011, il publie le quarante-quatrième et ultime épisode des « Petits Hommes», « Eslapion 3», aux éditions Clair de lune, avec lequel il tire sa révérence de la profession dans un sous-titre nostalgique : « Je suis venu vous dire que nous partons… » Depuis près de 5 ans, Pierre Seron n’a plus jamais pu reprendre ses crayons.

Les Editions Dupuis perdent ainsi l’un de leurs plus anciens collaborateurs.

Interviews :

La face cachée de Zorglub

- 24/05/2017

Zorglub, tome 1

Créé en 1959 par Franquin et Greg dans ce qui deviendra le quinzième album de Spirou et Fantasio (« Z comme Zorglub»), Zorglub (en dépit de Charles Dupuis, peu amateur du personnage) deviendra rapidement un des protagonistes les plus marquants de la série. Aujourd’hui, Munuera livre sa version du savant mégalomane.

On évoquait Franquin. Dans ses albums, Zorglub est un personnage ambigu : ami ou ennemi de Spirou ? Inventeur génial ou pauvre despote ? Le vois-tu comme un vrai méchant ?

Oui, ambigu et complexe. Mais s’il est méchant, il l’est plus par vanité que par une nature vraiment méchante. Pour moi, c’est un des personnages de la série les plus riches et les plus vrais, en fin de compte. Même si, au départ, il incarne un archétype, celui du savant mégalomane, celui du méchant des années cinquante, des James Bond des débuts, ce côté-là est contrebalancé par son profil de gaffeur impénitent, de crétin pitoyable qui essaie d’attirer l’attention du monde entier par ses inventions qui se révèlent de plus en plus ridicules ! À cause de, ou grâce à ces contradictions, c’est un personnage qui détient un charme et un potentiel dramatique formidables ! Et il quitte rapidement les clichés des séries B des fifties pour devenir un personnage moderne, riche de plusieurs facettes très différentes. J’avais plusieurs options possibles pour l’exploiter. J’aurais pu explorer une veine parodique en en faisant une caricature de « méchant de cinéma », mais j’ai préféré adopter une vision plus réaliste de Zorglub. Avec la question : comment ce personnage un peu triste, qui redouble d’efforts pour obtenir l’aval de ses collègues du monde scientifique, essaie-t-il d’étancher sa soif de reconnaissance ? Ça, ça m’intéressait.

Avec beaucoup d’humour, tu démarres cette aventure en critiquant les suites, les remakes et les spin-off, phénomène de notre époque… Or cette « Fille du Z » est clairement un spin-off de Spirou et Fantasio.

Oui, c’est un clin d’oeil en forme de mise en abyme, si tu veux ! Et ce phénomène dépasse bien sûr le domaine de la bande dessinée ; on le retrouve au cinéma et dans toute l’industrie culturelle. Toutes les disciplines sont touchées par cette mode du revival permanent des succès du passé, soit réinterprétés soit simplement recopiés pour de nouveaux consommateurs. Nous vivons une époque assez frileuse, qui a peur de la nouveauté. On peut considérer que c’est dommage, mais il est un fait que le revival est devenu un genre en soi, une nouveauté ! C’est une démarche intéressante de se pencher sur notre bagage culturel, d’examiner des codes anciens et de les réinventer.

Est-ce toi qui as eu envie de ce spin-off avec Zorglub ou est-ce une proposition de l’éditeur ?

C’est moi ! Alors que pour la reprise de Spirou avec Morvan, la proposition m’était tombée dessus alors que je ne m’y attendais pas du tout, ici au contraire, c’est moi qui ai proposé à Laurence Van Tricht, mon éditrice chez Dupuis, de me lancer dans cette interprétation du personnage. Réaliser quatre albums de Spirou et Fantasio m’a appris à travailler le registre de l’aventure humoristique, qui est un genre propre à la bande dessinée classique. Et je voulais revenir à cette source-là. Par ailleurs, j’avais envie d’exploiter la question « Comment lâcher la bride face aux personnes que l’on aime et les laisser vivre leur vie ? » Lorsque Zorglub est intervenu dans ma réflexion, tout est devenu limpide : comme un domino qui tombe et qui entraîne les autres, toute mon histoire se déroulait avec une fluidité étonnante dans mon esprit.

ZorglubZorglub, tome 1 : roughsZorglub, tome 1 : roughsZorglub, tome 1 : la résidence de ZorglubZorglub, tome 1 : projet de couverture pour le Journal Spirou

Détail amusant, pour la première séquence (le pré-générique, en quelque sorte), tu as choisi de dessiner le centre historique de Bruxelles. Pourquoi ? Parce que c’est la ville natale de Franquin ?

J’avais besoin d’un décor urbain réaliste pour débuter cette histoire, alors pourquoi ne pas choisir une ville reconnaissable par les lecteurs ? Gamin, avec mes parents, j’adorais visiter des villes que j’avais découvertes dans des films ou des BD. Mais attention, cette localisation précise ne doit pas pour autant gêner la lecture pour un public non bruxellois… Les Bruxellois reconnaîtront évidemment la Bourse, la Grand-Place, et l’Atomium en ombres chinoises. Bruxelles, pour moi, c’est la ville de la bande dessinée par excellence ! Bruxelles, c’est carrément un parc à thème pour bédéphiles : entre les librairies de BD qui pullulent, les fresques murales dans le centre-ville, ils ont l’embarras du choix… La BD est partout à Bruxelles et je voulais que Bruxelles soit aussi dans ma BD.

En savoir plus : « La fille du Z », Zorglub, tome 1 par Munuera (parution : 2 juin 2017)

Actualités :

Zombillénium, le film – la bande-annonce !

- 22/05/2017

Zombillénium, le Film d’Arthur de Pins et Alexis Ducord, sera au cinéma le 18 octobre 2017 !

En savoir plus : « Zombillénium », l’univers BD par Arthur de Pins.