14 mai 2012, Commentaires (1)

so long, Eddy…

Auteur: christelle

Ecrire sur les débuts de Spirou/Dupuis comme nous le faisons, remettre les choses dans l’ordre et leur contexte permet d’y porter un regard vraiment plus juste.  A ce titre, les recherches que nous menons en parallèle sur Valhardi pour la belle intégrale que nous préparons est vraiment précieuse car on sent mieux la place qu’occupaient les uns les autres. Et parmi ceux-ci,… Eddy Paape, bien sûr.

Monsieur Eddy et Laurette étaient absolument émouvant dans leur quotidien, attentionnés l’un pour l’autre dans leurs difficultés face à l’âge, avec leur petit rituel quotidien du déjeuner à La Porteuse d’eau, Porte de Hal. Habitués de ce restaurant en bas de chez eux, ils y étaient accueillis chaque jour chaleureusement par les autres habitués et les restaurateurs. Ils avaient la chance d’être entourés par leur fils, André, et leur ami Danny, qui chaque jour, venaient prendre soin d’eux.

Nous n’oublierons pas les paroles de Laurette, nous remerciant de l’intérêt que nous portions à son mari : « C’est important, pour lui…  » Ce « pour lui » était d’une si belle générosité. Elle était heureuse de voir son homme heureux… et lui, ne tarissait plus de souvenirs et de commentaires particulièrement drôles. On ne l’arrêtait plus !

Et Laurette, de conclure : « C’est difficile d’être dans cet état quand on a été plein de vie, c’est difficile… », ne cessant de répéter cette phrase.

Le décès d’Eddy vient mettre un terme à soixante-dix ans de mariage.

Ils étaient beaux

Monsieur Eddy et Laurette à leur balcon, vus par Theo Polaert.

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Christelle

8 mai 2012, Commentaires (2)

Auteur: christelle

Bonjour les amis,

Il est 6h30, la maison embaume déjà des gerbes du lilas fraîchement volé dans un jardin voisin abandonné et, libérée de mes obligations familiales jusqu’à ce soir, je m’installe déjà à mon minuscule bureau Singer pour poursuivre l’écriture de notre opus magum.

un groom acheté sur ebay, aux allures du Spirou de Jijé, en attendant de pouvoir nous offrir la magnifique statuette parue en 1942...

Celle-ci est prenante, pour ne pas dire obsédante, et il n’est pas rare que nos journées d’écriture se terminent vers 23 heures pour reprendre aux aurores le lendemain. Autant vous dire que notre sommeil est tout autant habité par ces phrases, ou portions de phrases qui se bousculent dans nos têtes, se télescopent, se mélangent pour, parfois, nous éveiller avec une formule qui, le lendemain, nous servira de point de départ pour un paragraphe. Les « Ne pas oublier de dire ceci » et les « Zut, j’ai oublié ça ! » sont légion et le temps passé à rechercher un détail (comme le numéro d’une rue ou le jour exact d’un événement) pourrait vous paraître disproportionné par rapport au gain. Mais nous sommes ainsi faits… Nous avons bien conscience que c’est au prix d’une certaine exigence que nous pourrons vous présenter sans trop rougir notre belle histoire de Spirou. Mais c’est un processus tout à fait normal quand on est plongé dans un projet, qu’il soit d’écriture ou autre. Donc tout va bien !

Hier, nous avons livré à notre éditeur le prologue ainsi que les trois premiers chapitres, c’est-à-dire jusqu’aux années 1941. Une primeur toute particulière en a été offerte vendredi soir à Sergio Honorez, le directeur éditorial chez Dupuis qui, peut-être ne vous l’avais-je pas dit, a accepté notre projet voici deux ans et demi avant même que nous lui en ayons terminé l’exposé, mettant à notre disposition des conditions qui nous ont grandement aidées. Quand je aprle de conditions, n’allez pas imaginer un pont d’or non plus ! La réalité économique est là. Mais il nous a d’abord offert une prise en charge de nos déplacements (et ils sont nombreux),tout le temps dont nous avions besoin pour mener ces recherches, et surtout, l’assurance à la fin de pouvoir tenir entre nos mains le livre tel que nous l’avons rêvé. Depuis, à chacune de nos rencontres, il affichait une réelle gourmandise devant le récit de nos recherches. La lumière dans ses yeux continuaient à nous encourager quand, face à notre ordinateur, nous reprenions le fil de l’enquête. Depuis, José-Louis Bocquet a repris le suivi de notre projet et nous avons la chance qu’il soit tout autant passionné que son comparse. Etonnant comme parfois tout est affaire de rencontre. Il fut un temps, chez Dupuis, où personne n’aurait réagi face à notre demande. Nous sommes finalement tombés au bon moment, au bon endroit.

Ces textes sont livrés mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont définitifs. A la lumière de l’oeil avisé de nos premiers lecteurs, nous aurons quelques modifications à faire. De nous même, nous aurons sans doute envie de les améliorer à certains endroits qui, avec le recul, nous paraîtront pas assez ceci ou cela…

La semaine prochaine, nous retournons en Belgique où nous sommes attendus par Jacqueline, la fille de Paul Dupuis, qui nous sert de chaperon auprès de son frère Etienne. Nous avions pris contact avec lui voici presque deux ans mais il n’était pas très enthousiaste, nous disant qu’il n’avait rien à nous dire. Nous avions abandonné l’idée, notre envie étant largement assouvie par notre rencontre avec ses frères et soeur et son cousin Pierre Matthews. Mais sa propre fille nous a relancé dernièrement et, sautant sur l’occasion, nous l’avons chargée de le convaincre. Nous avions une amie de plus dans la place, c’était gagné ! Merci Nao !!! Il s’avère qu’il possède également des archives… Sans doute font-elles doublon avec celles que nous avons déjà, peut-être pas. En tout cas, ça vaut le coup d’y aller.

Dans quelques minutes il sera sept heures. Un petit déj’ et hop ! Au boulot ! Je travaille sur le chapitre 5 concernant les années 1944 -1945. Après cela, trois autres chapitres et puis s’en va… Mais ce n’est pas aussi simple. Respecter la chronologie, alterner les parties Spirou et les parties Dupuis, leur donner à chacune une juste part dans le récit, trouver la forme adéquate selon les témoignages que nous avons pu en avoir, les analyser… On s’arrache parfois les cheveux, on se désespère aussi pas mal mais j’ose espérer que nous sommes suffisamment équilibrés pour y trouver notre compte… Et puis, le quotidien et mon plaisir à m’occuper des fleurs de mon jardin sont autant d’injonctions à prendre parfois de la distance avec tout ceci et c’est finalement salvateur. Nos enfants nous rappellent à l’ordre quand nous débordons trop avec un désormais familier : « Vous pouvez arrêter de parler de Spirou s’il vous plait ?! » Oups, on s’était laissé aller…

Aujourd’hui 8 mai, c’est l’armistice; ça tombe bien, je dois clore le chapitre sur la libération.

A bientôt, chers amis.

Spirouette

20 avr 2012, Commentaires (5)

13+17+16+3+18+5+5+13+15 = 105 !

Auteur: christelle

Bien, maintenant, vous connaissez le sens du titre : c’est bien le dénombrement des pages rédigées à ce jour. 105.  Bon, c’est à peine plus que la dernière fois, c’est vrai, mais on n’est pas là non plus pour bâcler. En fait, depuis deux ou trois jours, Bertrand a entrepris son travail de remaniement de mes textes (à l’heure où j’écris il conclut 1937) et moi, je suis revenue sur des chapitres déjà rédigés, estimant qu’ils devaient être développés.

Ce matin, Bertrand m’a donné à lire ses ajouts et modifications sur l’intro (13 pages) et j’avoue que l’écriture à quatre mains est dans notre cas un vrai bonus. Mais bon, tout ça c’est un peu de la cuisine interne et j’en devine certains trépigner d’impatience à l’idée de connaitre le contenu… J’hésite parfois à vous en dire plus car j’ai l’impression que notre point de vue risque d’en surprendre certains et faute d’avoir accès à notre argumentaire, vous risquez d’être effrayés et d’avoir finalement une idée faussée de notre approche. Je vois d’ici les critique sur les forums « du sensationnel à tout prix juste pour justifier deux années de pseudos recherches, ma petite soeur aurait pu faire mieux, une analyse à deux balles, grossière et de parti-pris, etc. » Et ça, voyez-vous, à deux mois du final, c’est pas exactement les critiques dont on a besoin. Pourtant, il est vrai qu’on commence fort car après une vingtaine de lignes seulement, on vous présente sans fioriture Jean Dupuis comme père spirituel de Spirou. Ni plus ni moins. Et Rob-Vel ? Ben, disons qu’il vient après, dans l’histoire de notre espiègle au grand coeur. Bon, ça n’est pas révolutionnaire non plus comme théorie, on le sait bien. La différence ? La différence, c’est qu’on prend la place qu’il faut pour vous expliquer tout cela ! C’est vrai que des remises en questions de paternité, les premiers chapitres vont en être chargés. Rob-Vel, Davine, et même Jijé, à sa façon… L’histoire a tellement été galvaudée qu’elle a fini par perdre sa réalité et, paradoxalement, c’est ce qui est intéressant. On a le sentiment de raconter une histoire dépoussiérée de ses poncifs et de ses clichés, enrichie de détails, d’anecdotes…  le tout offert sur une mise en perspective qui, pour le moins, nous sera propre.  A défaut d’être d’accord avec nous sur le fond – vous en aurez le droit !- j’espère que vous trouverez au moins du plaisir à regarder les images…

Pour ce qui est de désaccord, là, Bertrand et moi nous le sommes sur un point crucial. Vendredi dernier, je me suis laissée aller à écrire le portrait de Doisy sur cinq pages. « Quoi ? Cinq pages ? Tu es folle, on ne peut pas parler de Doisy pendant cinq pages ! » Et moi, de lui répondre : « Non mais tu veux rire ? Tu veux que je te rappelle qui était Doisy ?! Et puis, si je me laisse vraiment aller, c’est trente pages que je peux écrire sur lui ! »  Bref, une semaine plus tard, le sujet n’est toujours pas clos. J’attends qu’il le lise… Je ne sais ce qu’il en restera, au final, mais je sais qu’il y a certaines formules qui me sont venues dans un état de grâce, à croire que je ruminais le sujet depuis des mois… Ceux qui auront lu mon blog souriront à la découverte du Doisy que je présente :comme « créatif, spirituel, malin, curieux, charismatique, engagé, énergique, héroïque, lettré… Bref, un homme magnifique… » Et j’en rajoute, un peu plus loin : « … l’homme se révélait coquet, distingué. Chemise impeccable, cravate des plus belles qui soient et costume réalisé sur mesure par un tailleur à qui il avait sauvé la vie pendant la guerre… De taille moyenne, la chevelure blanche et ondulante, magnifique, l’œil brillant, le sourire charmeur, l’allure vive et élégante, il portait en lui ce charisme dont il a su si souvent user pour parvenir à ses fins, lui qui savait ce qu’il voulait… et qui l’obtenait toujours. » Oui, vous avez raison, je me suis lâchée… Je ne sais si ça restera dans le texte final mais je me serai fait plaisir en l’écrivant…

La semaine prochaine, point d’écriture : trois jours en famille au Mont saint Michel et deux jours à Marcinelle pour clore notre travail de lecture des archives du Moustique et de Bonnes soirées. D’ici là, je vais relire les mémoires de Jean Dupuis ainsi que sa correspondance avec son fils Paul, histoire de vérifier que je n’ai rien laissé passer d’intéressant.

A très bientôt, mes chers ads !

spirouette

6 avr 2012, Commentaires (4)

Joyeuses Pâques !

Auteur: christelle
Vendredi, 17 heures, je viens de fermer le dossier Spirou.
Près de 90 pages sont écrites.
Elles n’ont pas toutes été faciles et je me suis bien souvent appuyée sur la chronologie détaillée que nous avons établie depuis deux ans pour respecter le fil du récit.
Allez savoir pourquoi, ce soir, on a l’impression du devoir accompli…
On peut boucler les valises et partir l’esprit serein pour ce week-end familial ; encore quelques jours et on sera les rois du monde !!!
Pour le plaisir, je réécoute le générique de ce bouquin, à savoir deux ou trois vieilles chansons de Pétula Clark… Aucun rapport, si ce n’est leur légèreté, inconditionnelle.
spirouette for ever !
2 avr 2012, Commentaires (3)

Ah la vache ! ! !

Auteur: christelle

Oui, dès le titre, je jure ! Si la semaine passée, tout s’était passé magnifiquement, là, on peut dire que ça se corse. Jusque-là, j’avais pour mission quotidienne de commencer ET finir un chapitre. Or, lundi, j’attaquais « 1938″, chapitre comprenant le premier numéro de Spirou et la somme de travail était telle que j’ai fermé mon dossier à minuit passé (le lendemain, je savais que la journée commençais tôt…) sans l’avoir bouclé pour autant. Et jeudi, quand j’ai enfin pu m’y remettre, j’ai perdu un temps fou à me remettre dans le texte. Ca commençait mal… et les choses ne se sont pas arrangées car lorsque l’ai voulu attaquer « 1939″ et le départ pour le front de Rob-Vel, là, ça n’a fait qu’empirer. Les interventions des uns et des autres ne s’emmanchaient pas très bien et, faute de témoins de cette époque et de témoignages s’y rapportant, de grosses lacunes dans le récit. Bref, je ne m’en sortais pas. A 17 heures, j’ai déposé les armes. Tout en nous occupant des affaires familiales, Bertrand et moi continuions à réfléchir au problème, le tordre dans tous les sens… Et finalement, nous avons choisi d’adapter la forme au fond en reprenant la main dans le rédactionnel. Fort de notre connaissance du sujet, c’est donc nous qui allons vous raconter cette période transitoire. La situation s’est totalement débloquée quand, vers 21 heures, « la phrase » m’est apparue ; celle qui fait que plus rien ne vous arrête. « Le décès prématuré de Luc Lafnet… » Il m’a suffit de ces quelques mots pour écrire jeudi soir, en trois heures, ce qui n’arrivait pas l’après-midi même.

Là, nous sommes lundi et j’ai la seconde phrase qui va nous permettre d’enchaîner sur le récit de guerre à Marcinelle au cours duquel nous allons vous raconter la Résistance, le théâtre du Farfadet, les A. d. S., etc. La phrase, c’est « Pendant ce temps, à Marcinelle… »

Voyez, ça ne tient pas à grand chose, parfois : prendre de la distance avec le problème, le regarder sous un autre angle… et attendre que la première phrase arrive. Quand elle est là, vous la reconnaissez immédiatement car dès lors, plus rien ne vous arrête !

Et là, chaud devant, c’est partiiii ! Enfin, jusqu’à la prochaine impasse…

Spirouette

PS : Si vous vous demandez pourquoi ce dessin d’Emile Bravo, c’est simplement parce que nous l’avons rencontré vendredi après-midi, dans un café de Montparnasse. Lui qui a intuitivement tout compris au personnage de Spirou tel qu’il a été conçu à l’origine, nous ne pouvions pas ne pas le questionner sur son point de vue…

24 mar 2012, Commentaires (2)

13 + 16 = 29 pages !

Auteur: christelle

29 pages, voilà exactement là où j’en suis. On est vendredi, il est 22 heures 13 et je viens de fermer la première partie sur laquelle je travaillais depuis le début de l’après-midi. Avant cela, soucieuse de conserver une certaine rigueur chronologique, et surtout une avancée progressive et organisée du texte, je m’étais échauffée sur l’introduction.

Treize premières pages pour raconter les éditions Dupuis, depuis la naissance de Jean Dupuis en 1875 jusqu’à 1937, date à laquelle il décide de fonder Spirou. Sous forme rédactionnelle, émaillée d’extraits d’entretiens, j’ai voulu prendre le temps de cette longue intro pour camper l’ambiance. Spirou n’est pas né là par hasard et il serait absolument incongru de le couper de ses racines prises dans celles de la famille Dupuis. Pour raconter cela, nous avons la chance de bénéficier du très précieux appui de leurs archives familiales.  A la fois les célèbres mémoires de Jean Dupuis écrites lors de son exil en Angleterre pendant la guerre, mais aussi de celles de sa fille aînée Marie-Louise, ainsi que des souvenirs des petits-enfants de Jean. Pourtant, malgré cette base de travail solide et sérieuse, j’ai malgré tout du faire face à quelques incohérences : pour un même évènement, les différentes sources me proposaient des années différentes ! Qui croire ?! De micro-enquêtes se sont imposées… Quand je vois la qualité des documents originels, je reste perplexe sur toutes les infos qu’on trouve sur le net… Dans un souci de pure précision à l’attention des futurs chercheurs qui se pencheront sur Spirou, j’ai essayé tant que je le pouvais d’intégrer des précisions qui peuvent sembler superflues, telles que les diplômes exacts de René Matthews, les dates exactes de mariage (relevés d’après le livret de famille), les prénoms exacts et complets, etc. Autant de détails qui, dans le cadre de certaines recherches, peuvent grandement aider à dérouler le fil.

Comme je vous le disais, 13 pages pour cette intro. Afin qu’elles ne soient pas 13 pages de trop, je me suis évertuée à rendre le récit plaisant ; l’idée serait qu’il puisse se lire « comme une histoire ». Ce soir, je n’ai évidemment aucun recul et c’est là justement que ma collaboration avec Bertrand prend tout son sens. A lui, maintenant, de lire mon texte et de l’améliorer. Une écriture à quatre mains, en deux temps, si vous voulez. C’est ainsi que nous procédons pour les dossiers des intégrales, par exemple, et il est vrai que c’est un fonctionnement qui nous va bien. J’ai confiance en ses remarques et nous avons suffisamment d’expérience en la matière pour savoir « à peu près » gérer les difficultés de façon harmonieuse. Au pire, on s’engueule, mais la vie commune vient prendre le relais quand l’écriture nous oppose !

Et les 16 autres pages, me direz-vous ? Ah, les 16 autres pages… 1937-1938, autrement dit la naissance de Spirou. Et si j’ai poursuivi ce soir le travail en soirée, c’est parce que je voulais aller jusqu’au bout de cette première partie du premier chapitre… Réalisée sous forme de témoignages qui se répondent les uns aux autres, une polyphonie au doux accent wallon… Parfois, et c’est merveilleux, les interventions se répondent les unes aux autres, s’imbriquent comme par magie… et je ne peux alors m’empêcher de pousser un cri victorieux ! Comme je vous le disais précédemment, à cette étape là du travail, ça passe ou ça casse. Et j’avoue que pour le moment, ça passe plutôt bien. Et quand ce n’est pas le cas, je laisse tomber et me dit que telle ou telle intervention pourra bien prendre sa place ailleurs. Je vous l’ai dit, ce livre est un puzzle !

Mais là aussi, je manque quand même de recul. Attendons la relecture de lundi !

Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace !

Bon week-end à vous, il va faire très beau…

Spirouette-cacahuète !

17 mar 2012, Commentaires (0)

Rob-Vel, l’interview rêvée…

Auteur: christelle

voulez-vous que je vous raconte une anecdote amusante ?

Hier matin, alors que Bertrand me reprochait un sommeil agité, je lui rétorquais crânement que si sommeil agité il y avait eu, il n’empêche que cette même nuit, j’avais interviewé Rob-Vel… en rêve, évidemment. Ce à quoi, ahuri, Bertrand m’a répondu : « Incroyable, moi aussi j’ai rêvé que je l’interviewais… » Nous n’avons pas fait le même rêve puisque moi, je rencontrais Rob-Vel dans son petit deux pièces près de la gare de l’Est, et lui, dans son pavillon, Villa Félix Faure.

Voilà pour l’anecdote. Vous avez le droit de rire de nous, on l’a fait bien avant vous !

Un joli Spirou, venu de 1938...

Pour revenir à Rob-Vel, il y a quelques semaines, nous vous racontions par quel étonnant hasard nous avions retrouvé sa petite soeur. Aujourd’hui, nous sommes toujours en relation avec elle, via son fils, et si nous regrettons que son témoignage ne nous apporte pas davantage de précisions sur le contexte de la création de Spirou, nous sommes absolument comblés par la richesse des quelques photos qu’ils nous ont offerts. Peu, mais quelles photos ! Exactement ce que nous cherchions : Robert Velter, en uniforme sur les paquebots et, le joyau, une magnifique photographie le représentant avec son épouse Blanche, en 1938-1939, dans leur pièce à vivre de leur deux pièces près de la Gare de l’Est, là exactement où fut créé Spirou. Robert à sa table à dessin, elle, debout, à ses côtés ; un décor magnifique : sur la porte, un fanion Spirou punaisé, une table de salle à manger, un châle à franges posé sur un fauteuil, une étagère de livres et, au-dessus, l’extraordinaire portrait de Blanche réalisé par Luc Lafnet, celui-là même que nous reproduirons dans notre ouvrage. Les voir ainsi, dans leur univers, est infiniment émouvant. Leur couple prend corps, on est dans la magie d’un passé revenu. Nous ne dirons jamais assez l’importance de prendre son temps pour de telles recherches : 2 ans et 4 mois que nous sommes sur le sujet et nous faisons encore des découvertes aussi fabuleuses…

Nous conservons évidemment cette précieuse documentation sauvegardée en de multiples endroits et nous sommes véritablement impatients de partager tout cela avec vous. J’ai bien conscience qu’on met vos nerfs à rude épreuve avec un tel délai mais c’est nécessaire. Le revers de la médaille, c’est qu’à force d’attendre, vous imaginez plein de choses et peut-être serez vous déçus… Enfin, on fait tout pour que cela n’arrive pas !

J’ai terminé hier soir la seconde phase d’écriture et lundi nous pourrons entamer la dernière ligne droite. C’est là que va se jouer l’essentiel de l’écriture, le rendu émotionnel de nos recherches telles que nous les vécues tout en restituant la richesse historique dont nous sommes aujourd’hui dépositaires. Trouver le juste équilibre, la parfaite distance. C’est là aussi que nous allons pouvoir vérifier la tenue de nos entretiens. La grande question demeure la suivante : « Avons-nous la matière nécessaire à notre récit ? »

Quinze semaines, voilà exactement le temps qu’il nous reste. Hier, l’un d’entre vous nous rappelait un des commandements du Code d’honneur des A. d. S. : « Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace. »

CQFD

Bon week-end,

Spirouette !

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette

Anne-Marie, Monique et Pierre, trois frères et soeurs, neveux de Blanche Dumoulin… Ils ont très bien connu le couple Rob-Vel et Blanche et ils ont du conserver des photographies dans leurs albums de famille.

Le nom d’épouse de Monique est aujourd’hui Dubois et celui d’Anne-Marie, Berlemont.

Nos recherches pour les retrouver n’ont pas abouti. Si ces noms vous disent quelque chose ou si vous connaissez leurs enfants, contactez-nous de toute urgence. Nous savons d’expérience que les recherches généalogiques sont parfois un bon moyen de retrouver des personnes. Avez-vous des pistes ?

Même si par le biais de la soeur de Rob-Vel, nous avons obtenu de magnifiques photos, époque 1930- 1940, on a tout de même du mal à renoncer à en découvrir davantage…

Spirouette

24 fév 2012, Commentaires (1)

Ca y est, nous y sommes !

Auteur: christelle

Oui, nous y sommes enfin, à cette dernière étape, celle de l’agencement de tous les témoignages recueillis. Entre 80 et 100 témoins que nous avons personnellement rencontrés, auquels s’ajoutent les extraits d’entretiens des témoins principaux, à savoir Rob-Vel, Jijé et Franquin, les extraits du billet du Fureteur entre 1938 et 1950, et les quelques centaines d’extraits d’interviews d’autres témoins, trouvées ici ou là dans la presse locale ou les fanzines…

du Crochet de Loisel à Spirou, il n'y avait qu'un pas que nous avons allègrement franchi !

Il parait que la qualité d’un texte se mesure à l’aune de ce qui n’a pas été utilisé, des « restes »… C’est tellement vrai.

Nous devions aller la semaine prochaine à Bruxelles pour approfondir certains points… mais finalement, nous nous sommes ravisés. On commence à lâcher l’idée d’être absolument exhaustif, conscients qu’au point où nous en sommes, ce n’est pas l’un ou l’autre détail qui changera fondamentalement la face de notre livre. Bien, il n’empêche que nous sommes très contents d’avoir pu identifier avec certitude le balcon de l’appartement où habitait Rob-Vel en 1938. Nous nous sommes rendus sur place et sur la base des photographies d’époque, nous avons comparé la configuration des lieux. Pas de doute possible. L’envoi aujourd’hui des listes électorales consultées par son petit cousin ont confirmé, si besoin était, nos conclusions.

Nous sommes à la tête d’une matière gigantesque et c’est à nous de l’utiliser au mieux pour en tirer un récit cohérent, construit, passionnant, riche… Nous avons choisi la facilité, si je puis dire, en faisant le choix d’un récit chronologique qui constitue une solide base de travail que progressivement nous habillerons. Une belle colonne vertébrale, en somme.

Les titres des chapitres nous viennent sans prévenir et le récit se construit tout seul… Cela relève de la magie et ce constat est chaque fois fascinant. Combien de fois avons-nous entendu des auteurs dire que leur personnage avait fini par leur échapper. Ce principe est vrai même dans le cadre de l’écriture d’une monographie. C’est notre cinquième expérience dans le domaine et c’est à coup sûr la partie la plus excitante. Comparable à la maternité : on porte l’enfant en soi, on l’imagine, le rêve, l’idéalise et une fois né, le voilà qui grandit sous nos yeux. On le guide, on tente de l’élèver vers les grandes hauteurs tout en lui laissant sa part de liberté ; surpris, on s’émerveille à le voir pousser droit, magnifique, lui-même et unique.  Ce n’est pas exactement comme cela qu’on l’avait rêvé et on le prend tel qu’il est. Non, ce n’est pas vrai. Cette dernière remarque n’est valable que pour la maternité car pour ce qui est de l’écriture, je peux vous assurer qu’on n’a pas la même tolérance aux erreurs. On se maudit jusqu’à la dernière génération quand on découvre des erreurs qui ressemblent à des horreurs. On se dit qu’on fera mieux la prochaine fois, tout en priant pour que personne ne voit ce désastre…

Pour l’heure, nous reconstituons donc le grand puzzle de l’histoire de Spirou, énervés à l’idée qu’on a entre les mains une richesse formidable qu’aucun historien n’a jamais eu l’honneur de porter. On se sent tout petits, intimidés… on évite de se croire les rois du monde même si, intérieurement, l’émotion est comparable.

Voilà voilà…

Spirouette

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