Tags: Spirou anthology

13 jan 2014, Commentaires (6)

Il y a des jours où…

Auteur: christelle

Il y a des jours où tout s’emballe. Et c’est le cas en ce moment.

La parution de notre livre traitant des premières années de Spirou pourrait laisser croire que le dossier est clos et que nous sommes passés à l’époque suivante. Mais il n’en est rien. Passionnés par ces années de guerre où le Journal de Spirou se révéla acteur de la Résistance, nous avons poursuivi nos recherches. En l’occurrence, nous étions frustrés de ne pas en savoir davantage sur le rôle et les actions concrètes de Jean Doisy.

C'est derrière la fenêtre de son bureau que Jean Doisy menait ses activités secrète...

Derrière cette fenêtre, son bureau derrière lequel il menait une guerre secrète...

Nous avons donc multiplié les démarches, et découvert bien des choses… Parmi tous les fils que nous avons tirés, il en était un qui, en cascade, nous a apporté son lot de révélations. Il ne nous reste plus qu’à dérouler les évènements, les noms, creuser certaines sources… L’énergie dépensée ces derniers mois a été payante, et il se trouve que l’homme est à la hauteur de ce que nous en avions imaginé, et renforce plus encore ce que nous vous en avions dit. Il a pris part activement à certains épisodes clés dans l’histoire de la Résistance belge, il a protégé des vies, sauvé des enfants, combattu activement le nazisme…

L’histoire est belle et il ne nous reste plus qu’à trouver le bon moment pour vous la raconter. Est-ce que ce sera dans le dossier d’introduction de l’intégrale Valhardi que nous préparons pour la fin de l’année ? Sans doute. Valhardi, qu’il a créé, représente le héros intègre qu’il rêvait certainement d’être et incarnait toutes les valeurs qu’il avait développées dans le Code d’honneur des Amis de Spirou.  Ces valeurs étant proches de celles de la Résistance, le fil conducteur est tout trouvé entre ces deux sujets. Mais, contexte oblige, nous ne pourrons sans doute pas tout vous dire. Alors peut-être est-ce que nous glisserons aussi quelques fragments dans l’intégrale du Spirou de Jijé. Ou bien garderons-nous jalousement tout cela pour l’édition augmentée de notre Véritable histoire de Spirou que, peut-être, nous écrirons un jour…

L’histoire le dira.

On vous l’avait bien dit : les recherches continuent.

A bientôt,

Spi.

2 avr 2012, Commentaires (3)

Ah la vache ! ! !

Auteur: christelle

Oui, dès le titre, je jure ! Si la semaine passée, tout s’était passé magnifiquement, là, on peut dire que ça se corse. Jusque-là, j’avais pour mission quotidienne de commencer ET finir un chapitre. Or, lundi, j’attaquais « 1938″, chapitre comprenant le premier numéro de Spirou et la somme de travail était telle que j’ai fermé mon dossier à minuit passé (le lendemain, je savais que la journée commençais tôt…) sans l’avoir bouclé pour autant. Et jeudi, quand j’ai enfin pu m’y remettre, j’ai perdu un temps fou à me remettre dans le texte. Ca commençait mal… et les choses ne se sont pas arrangées car lorsque l’ai voulu attaquer « 1939″ et le départ pour le front de Rob-Vel, là, ça n’a fait qu’empirer. Les interventions des uns et des autres ne s’emmanchaient pas très bien et, faute de témoins de cette époque et de témoignages s’y rapportant, de grosses lacunes dans le récit. Bref, je ne m’en sortais pas. A 17 heures, j’ai déposé les armes. Tout en nous occupant des affaires familiales, Bertrand et moi continuions à réfléchir au problème, le tordre dans tous les sens… Et finalement, nous avons choisi d’adapter la forme au fond en reprenant la main dans le rédactionnel. Fort de notre connaissance du sujet, c’est donc nous qui allons vous raconter cette période transitoire. La situation s’est totalement débloquée quand, vers 21 heures, « la phrase » m’est apparue ; celle qui fait que plus rien ne vous arrête. « Le décès prématuré de Luc Lafnet… » Il m’a suffit de ces quelques mots pour écrire jeudi soir, en trois heures, ce qui n’arrivait pas l’après-midi même.

Là, nous sommes lundi et j’ai la seconde phrase qui va nous permettre d’enchaîner sur le récit de guerre à Marcinelle au cours duquel nous allons vous raconter la Résistance, le théâtre du Farfadet, les A. d. S., etc. La phrase, c’est « Pendant ce temps, à Marcinelle… »

Voyez, ça ne tient pas à grand chose, parfois : prendre de la distance avec le problème, le regarder sous un autre angle… et attendre que la première phrase arrive. Quand elle est là, vous la reconnaissez immédiatement car dès lors, plus rien ne vous arrête !

Et là, chaud devant, c’est partiiii ! Enfin, jusqu’à la prochaine impasse…

Spirouette

PS : Si vous vous demandez pourquoi ce dessin d’Emile Bravo, c’est simplement parce que nous l’avons rencontré vendredi après-midi, dans un café de Montparnasse. Lui qui a intuitivement tout compris au personnage de Spirou tel qu’il a été conçu à l’origine, nous ne pouvions pas ne pas le questionner sur son point de vue…

24 mar 2012, Commentaires (2)

13 + 16 = 29 pages !

Auteur: christelle

29 pages, voilà exactement là où j’en suis. On est vendredi, il est 22 heures 13 et je viens de fermer la première partie sur laquelle je travaillais depuis le début de l’après-midi. Avant cela, soucieuse de conserver une certaine rigueur chronologique, et surtout une avancée progressive et organisée du texte, je m’étais échauffée sur l’introduction.

Treize premières pages pour raconter les éditions Dupuis, depuis la naissance de Jean Dupuis en 1875 jusqu’à 1937, date à laquelle il décide de fonder Spirou. Sous forme rédactionnelle, émaillée d’extraits d’entretiens, j’ai voulu prendre le temps de cette longue intro pour camper l’ambiance. Spirou n’est pas né là par hasard et il serait absolument incongru de le couper de ses racines prises dans celles de la famille Dupuis. Pour raconter cela, nous avons la chance de bénéficier du très précieux appui de leurs archives familiales.  A la fois les célèbres mémoires de Jean Dupuis écrites lors de son exil en Angleterre pendant la guerre, mais aussi de celles de sa fille aînée Marie-Louise, ainsi que des souvenirs des petits-enfants de Jean. Pourtant, malgré cette base de travail solide et sérieuse, j’ai malgré tout du faire face à quelques incohérences : pour un même évènement, les différentes sources me proposaient des années différentes ! Qui croire ?! De micro-enquêtes se sont imposées… Quand je vois la qualité des documents originels, je reste perplexe sur toutes les infos qu’on trouve sur le net… Dans un souci de pure précision à l’attention des futurs chercheurs qui se pencheront sur Spirou, j’ai essayé tant que je le pouvais d’intégrer des précisions qui peuvent sembler superflues, telles que les diplômes exacts de René Matthews, les dates exactes de mariage (relevés d’après le livret de famille), les prénoms exacts et complets, etc. Autant de détails qui, dans le cadre de certaines recherches, peuvent grandement aider à dérouler le fil.

Comme je vous le disais, 13 pages pour cette intro. Afin qu’elles ne soient pas 13 pages de trop, je me suis évertuée à rendre le récit plaisant ; l’idée serait qu’il puisse se lire « comme une histoire ». Ce soir, je n’ai évidemment aucun recul et c’est là justement que ma collaboration avec Bertrand prend tout son sens. A lui, maintenant, de lire mon texte et de l’améliorer. Une écriture à quatre mains, en deux temps, si vous voulez. C’est ainsi que nous procédons pour les dossiers des intégrales, par exemple, et il est vrai que c’est un fonctionnement qui nous va bien. J’ai confiance en ses remarques et nous avons suffisamment d’expérience en la matière pour savoir « à peu près » gérer les difficultés de façon harmonieuse. Au pire, on s’engueule, mais la vie commune vient prendre le relais quand l’écriture nous oppose !

Et les 16 autres pages, me direz-vous ? Ah, les 16 autres pages… 1937-1938, autrement dit la naissance de Spirou. Et si j’ai poursuivi ce soir le travail en soirée, c’est parce que je voulais aller jusqu’au bout de cette première partie du premier chapitre… Réalisée sous forme de témoignages qui se répondent les uns aux autres, une polyphonie au doux accent wallon… Parfois, et c’est merveilleux, les interventions se répondent les unes aux autres, s’imbriquent comme par magie… et je ne peux alors m’empêcher de pousser un cri victorieux ! Comme je vous le disais précédemment, à cette étape là du travail, ça passe ou ça casse. Et j’avoue que pour le moment, ça passe plutôt bien. Et quand ce n’est pas le cas, je laisse tomber et me dit que telle ou telle intervention pourra bien prendre sa place ailleurs. Je vous l’ai dit, ce livre est un puzzle !

Mais là aussi, je manque quand même de recul. Attendons la relecture de lundi !

Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace !

Bon week-end à vous, il va faire très beau…

Spirouette-cacahuète !

17 mar 2012, Commentaires (0)

Rob-Vel, l’interview rêvée…

Auteur: christelle

voulez-vous que je vous raconte une anecdote amusante ?

Hier matin, alors que Bertrand me reprochait un sommeil agité, je lui rétorquais crânement que si sommeil agité il y avait eu, il n’empêche que cette même nuit, j’avais interviewé Rob-Vel… en rêve, évidemment. Ce à quoi, ahuri, Bertrand m’a répondu : « Incroyable, moi aussi j’ai rêvé que je l’interviewais… » Nous n’avons pas fait le même rêve puisque moi, je rencontrais Rob-Vel dans son petit deux pièces près de la gare de l’Est, et lui, dans son pavillon, Villa Félix Faure.

Voilà pour l’anecdote. Vous avez le droit de rire de nous, on l’a fait bien avant vous !

Un joli Spirou, venu de 1938...

Pour revenir à Rob-Vel, il y a quelques semaines, nous vous racontions par quel étonnant hasard nous avions retrouvé sa petite soeur. Aujourd’hui, nous sommes toujours en relation avec elle, via son fils, et si nous regrettons que son témoignage ne nous apporte pas davantage de précisions sur le contexte de la création de Spirou, nous sommes absolument comblés par la richesse des quelques photos qu’ils nous ont offerts. Peu, mais quelles photos ! Exactement ce que nous cherchions : Robert Velter, en uniforme sur les paquebots et, le joyau, une magnifique photographie le représentant avec son épouse Blanche, en 1938-1939, dans leur pièce à vivre de leur deux pièces près de la Gare de l’Est, là exactement où fut créé Spirou. Robert à sa table à dessin, elle, debout, à ses côtés ; un décor magnifique : sur la porte, un fanion Spirou punaisé, une table de salle à manger, un châle à franges posé sur un fauteuil, une étagère de livres et, au-dessus, l’extraordinaire portrait de Blanche réalisé par Luc Lafnet, celui-là même que nous reproduirons dans notre ouvrage. Les voir ainsi, dans leur univers, est infiniment émouvant. Leur couple prend corps, on est dans la magie d’un passé revenu. Nous ne dirons jamais assez l’importance de prendre son temps pour de telles recherches : 2 ans et 4 mois que nous sommes sur le sujet et nous faisons encore des découvertes aussi fabuleuses…

Nous conservons évidemment cette précieuse documentation sauvegardée en de multiples endroits et nous sommes véritablement impatients de partager tout cela avec vous. J’ai bien conscience qu’on met vos nerfs à rude épreuve avec un tel délai mais c’est nécessaire. Le revers de la médaille, c’est qu’à force d’attendre, vous imaginez plein de choses et peut-être serez vous déçus… Enfin, on fait tout pour que cela n’arrive pas !

J’ai terminé hier soir la seconde phase d’écriture et lundi nous pourrons entamer la dernière ligne droite. C’est là que va se jouer l’essentiel de l’écriture, le rendu émotionnel de nos recherches telles que nous les vécues tout en restituant la richesse historique dont nous sommes aujourd’hui dépositaires. Trouver le juste équilibre, la parfaite distance. C’est là aussi que nous allons pouvoir vérifier la tenue de nos entretiens. La grande question demeure la suivante : « Avons-nous la matière nécessaire à notre récit ? »

Quinze semaines, voilà exactement le temps qu’il nous reste. Hier, l’un d’entre vous nous rappelait un des commandements du Code d’honneur des A. d. S. : « Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace. »

CQFD

Bon week-end,

Spirouette !

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette

Anne-Marie, Monique et Pierre, trois frères et soeurs, neveux de Blanche Dumoulin… Ils ont très bien connu le couple Rob-Vel et Blanche et ils ont du conserver des photographies dans leurs albums de famille.

Le nom d’épouse de Monique est aujourd’hui Dubois et celui d’Anne-Marie, Berlemont.

Nos recherches pour les retrouver n’ont pas abouti. Si ces noms vous disent quelque chose ou si vous connaissez leurs enfants, contactez-nous de toute urgence. Nous savons d’expérience que les recherches généalogiques sont parfois un bon moyen de retrouver des personnes. Avez-vous des pistes ?

Même si par le biais de la soeur de Rob-Vel, nous avons obtenu de magnifiques photos, époque 1930- 1940, on a tout de même du mal à renoncer à en découvrir davantage…

Spirouette

6 jan 2012, Commentaires (1)

google maps, c’est trop fort !

Auteur: christelle

Nous revenons de chez le petit-cousin de Rob-Vel qui, à défaut d’avoir moult documents, nous a fourni quelques précieux indices d’ordres très pratiques qui, depuis que nous sommes sortis de chez lui, mettent nos esprits chercheurs en ébullition ! Féru de généalogie, après avoir découvert notre blog voici un an, il s’est mis à établir l’arbre de Rob-Vel. Et c’est celui-là même qui, pour quelques détails, nous a mis en ébullition.

Un certificat de mariage et une nouvelle adresse de Rob-Vel ont conforté notre théorie à propos du mystère Davine.  A la question : « Le suspect avait-il le temps de commettre son forfait et de rentrer chez lui alimenter son alibi dans le laps de temps donné, oui ou non ? », la réponse est OUIIIIIIIIIIIIIIII ! Google maps vient de nous en apporter la preuve car grâce à cet outil, nous avons pu suivre le parcours du suspect… Vous verrez, c’est trop de coïncidences pour que la piste soit fausse.

Le hasard est vaiment de la partie car il se trouve qu’à cette adresse (Paris 18ème), habite l’ancien boss du frère de votre dévouée Spirouette. Bon, ça n’apportera rien à notre enquête mais avouez que c’est drôle, non ?!

Bien, ces nouveaux renseignements entrainent avec eux plein de questions ; méticuleux comme nous le sommes, on n’a plus qu’une seule envie, c’est de connaitre les tenants et les abouttissants de tout ce fatras… La machine se remet en route et de nouveau, nous voilà en train de tourner les différents éléments dans tous les sens pour les poser en un scénario crédible.

Notre entrevue de cet après-midi nous a apporté de nouvelles pistes pour en savoir plus sur Rob-Vel. De nouveaux contacts à prendre…

Bien. On est face à un problème de temps. Il ne nous reste qu’à demander à Dupuis d’accepter de repousser la sortie de notre livre, non pas pour les 75 ans de Spirou, mais plutôt pour son centième anniversaire… Pas sûr qu’ils accepteront, vous non plus d’ailleurs ! Pourtant, voyez, alors qu’on doit boucler dans les semaines qui viennent, un nouveau témoin apparait, nous offrant de quoi relancer notre enquête…

Pffff…

Spirouette !

2 jan 2012, Commentaires (2)

Que le monde est petit…

Auteur: christelle

Que le monde est petit… C’est en tout cas sur ce vieil adage que nous avons terminé l’année.

Dans mon précédent message, je déplorais que nous n’ayons pu encore rencontrer le moindre membre de la famille de Rob-Vel. Et voilà que le hasard a mis sur notre route un « petit-cousin » Velter. Il se trouve que la moitié de la semaine, je suis libraire – à Mantes-la-Jolie – et, la semaine passée, en discutant avec un  monsieur qui souhaitait commander des éditions à tirage confidentiel du Spirou de Rob-Vel, j’ai découvert qu’il s’agissait là d’un petit-cousin de ce dernier. De son côté, il avait eu connaissance de notre enquête et allait prochainement nous contacter.  Incroyable que cet homme habitué de la librairie où je travaille figure parmi ceux que nous recherchons ! Nous devons nous voir vendredi prochain, à l’heure du café, et il nous montrera les quelques documents qu’il a en sa possession. Nous avons terminé l’année plein d’espoir car il nous a communiqué également les coordonnées de la soeur cadette de Rob-Vel. Et là, tenez-vous bien, la coïncidence est troublante : elle habite dans le fin fond du Finistère, là même où habite un de nos très proches amis chez qui nous allons régulièrement passer quelques jours depuis des années ! Quand on sait que le petit-neveu de Rob-Vel avec qui nous sommes en contact habite à deux maisons de la maison d’enfance de Bertrand, avouez qu’on peut légtimement s’interroger sur notre prédestination. Ca fait trop de hasards géographiques… D’un autre côté, notre allégresse est vite rattrappée par une autre réalité : aucun de ces contacts n’a pour l’heure été franchement enrichissant pour notre enquête. Je viens de téléphoner à la soeur de Rob-Vel qui m’avouait, fort dépitée, n’avoir absolument aucun document relatif à son frère. Les histoires de famille sont ainsi faites, hélas pour nous.

Quoi qu’il en soit, nous sommes censés commencer ces jours-ci la rédaction du premier tome. Nous venons de faire le point sur les derniers témoins à rencontrer et il en reste encore… Fin janvier, nous retournons pour quatre jours à Marcinelle-Bruxelles où nous espérons bien rencontrer les huit ou neuf dernières personnes que nous devons interroger. Le timing va être serré car au cours de ces quatre jours, nous devons consulter les archives du Moustique et celles de la Fondation Paape.

Eddy Paape, que nous avons bien rencontré il y a quelques jours. Charmant, bien sûr, avec plein d’anecdotes, de points de vue, de précisions qui nous aideront à coup sûr à bâtir avec moult détails l’épopée Spirou/Dupuis. Nous avons également une très belle matière pour rédiger le dossier du premier tome de l’intégrale Valhardi que Dupuis va sortir, en principe, pour la fin 2012. On va se faire plaisir avec cette intégrale !

En fait, nos recherches nous amènent à découvrir l’histoire de Dupuis telle que nous aurions aimé la lire, du point de vue de ses acteurs, et non pas d’un point de vue extérieur donc distancié. En se penchant dans les diverses correspondances qui ont été mises à notre disposition, on ressent tellement mieux l’idéologie ambiante. De plus en plus d’ouvrages historiques paraissent, racontant la grande Histoire d’un point de vue humain, telle que monsieur et madame tout-le-monde l’ont vécue. Pour notre part, c’est ainsi que l’histoire nous intéresse, avec cette fameuse petite part d’humanité qui illumine d’une façon extraordinaire tout ce qu’on ne raconte pas dans les manuels d’Histoire.

Bien, on continue à vous tenir au courant de tout ceci.

A très bientôt,

Spirouette !

21 déc 2011, Commentaires (5)

Cher Spirou…

Auteur: christelle

Bon, le compte à rebours démarre dans quelques jours et nous en sommes encore à défricher de nouvelles pistes… Samedi dernier, nous étions au fin fond de la Bretagne pour y rencontrer la fille aînée de Jijé, Anne. De nouvelles indications, précisisons… et contradictions ! Les souvenirs des uns ne correspondent pas toujours avec ceux des autres…. A nous de faire le tri ! Aller-retour en moins de trente heures, avec une halte chez l’ami Frank Le Gall que nous avons commencé à soumettre à la question à propos de son Spirou. Je précise que nous n’avons fait « que » commencer car son entretien a duré près de trois heures et il reste encore tant de choses à lui faire dire…  Mais pour cela, on a encore le temps puisque les diverses interprétations de Spirou ne seront abordées que pour le dernier tome, à paraitre en 2018. Pour l’heure, donc, l’urgence est au premier volume dont la parution a été avancée à janvier 2013, et non pas avril. Diable : trois mois en moins, il ne nous manquait plus que ça !

Parallèlement à notre livre sur Spirou, Dupuis nous a engagés pour rédiger le dossier d’introduction des intégrales du Valhardi de Doisy et Paape, projet que nous leur avons proposé et qu’ils ont accepté bien volontiers. Il reste encore bien des textes introuvables et c’est vraiment faire oeuvre d’édition patrimoniale que de les présenter dans un recueil.  De plus, le sujet est tellement proche de notre Spirou que bien des choses apprises au cours de notre enquête vont nous servir pour ce dossier Valhardi, et inversement. Vendredi, nous faisons l’aller-retour à Bruxelles  dans la journée pour y rencontrer Eddy Paape et qu’il nous raconte ce qu’on ne sait pas encore sur sa collaboration avec Doisy et son Valhardi.

Nous nous apercevons que nous avons de la matière pour écrire au moins deux tomes 1 de La Véritable histoire de Spirou ! Du coup, il va falloir être sélectif et rester attentif à ne pas faire trop de disgressions. D’où, pour nous, l’intérêt d’avoir de nouvelles tribunes pour y exposer une partie de ce que nous n ’aurons pu raconter avec Spirou. Nous avons cumulé près de 120 heures d’entretiens, épluché des interviews par centaines, plongé dans quelques correspondances, lu par le menu tous les billets du Fureteur parus dans le Journal de Spirou entre 1938 et 1944… et pourtant, il nous semble qu’on a encore des choses à apprendre. Toujours pas réussi à rencontrer la famille de Rob-Vel. Ils sont très enthousiastes à l’idée de nous rencontrer… mais le temps leur manque. Pourtant, il est impensable de boucler notre texte sans les avoir rencontrés. On désespère…

Récemment, Bertrand a rédigé le dossier de l’intégrale du Spirou de Broca à paraitre au printemps 2012. A défaut d’être aussi révolutionnaire que les premières années de Spirou, la période est délicate, complexe… et nous n’avons encore que très peu de documents. Pourtant, ce n’est pas faute de chercher… Mais encore faudrait-il que la famille de Nicolas Broca accepte de nous répondre.

Voilà pour nos dernières nouvelles.

Au fait, inutile de continuer à extrapoler sur le format de notre Spirou. Non, il n’aura rien à voir avec notre Delporte et il n’en a jamais été question ! Dupuis a décidé de rester sur le format des intégrales, classique et agréable.

28 nov 2011, Commentaires (5)

Tonnerre de Brest, silence !

Auteur: christelle

Bonjour à tous,

« Tonnerre de Brest, silence ! » est le titre d’un documentaire sur la bande dessinée au menu duquel des interviews de Tibet, Paape, Charlier, Walthéry, J.Martin, Rob-Vel, Jacobs, Vandersteen, Bob De Moor, Sleen, Morris, Sirius, Pol Vandromme, B.Peeters, Michel Serres, Hergé.

l'affiche de "Tonnerre de Brest, silence !"

Nous sommes à la recherche d’une copie en bon état, et même très bon état, de ce film tourné en 1984 par Zaninetta et Didier Bastin. L’un de vous pourrait-il nous aider ?

On ne veut délaisser aucune piste et la semaine dernière, une fois de plus, nous avons retrouvé une pièce du puzzle de Spirou dans une interview de Rob-Vel publiée dans la première édition du livre « Histoire de Spirou et des publications
Dupuis » paru chez Glénat en 1975. Une pièce qui nous permettra d’étayer une de nos remises en question à propos de l’histoire de Spirou.

On a bien compris que certains d’entre vous restaient pensifs sur le côté iconoclaste de nos recherches, craignant une opération de com’. Autant dire que la com’, on n’y est pas encore. Mais je me rends compte à l’instant que plutôt que « découverte », je devrais à l’avenir parler de « remise en question ». Je vous rappelle la base de notre ouvrage : rechercher là où elles sont les différentes informations. Certaines d’entre elles sont connues, méconnues ou étonnament peu connues, d’autres sont très largement erronées (comme la vente de Fantasio en 1948 et toutes les suppositions qui en découlent) et c’est l’assemblage de toutes ces pièces qui est spectaculaire. L’ensemble offre du coup une lecture très différente de celle qui nous a été donnée à lire jusque-là et remet en perspective toutes nos croyances et nos idées reçues.

Ce n’est pas pour rien que le titre de notre ouvrage a récemment été changé en « La Véritable histoire de Spirou« . Exit Spirou anthology, finalement trop peu représentatif du contenu de notre livre. Et si certains d’entre vous n’y découvrent pas grand-chose, qu’ils sachent alors qu’ils seront des connaisseurs privilégiés puisque, comme vous le savez, certains de nos témoins n’ont jamais été interrogés par qui que ce soit – leurs informations étant restées jusque-là dans un contexte strictement familial.

Quoi qu’il en soit, je dois corriger une information écrite dans mon précédent blog ; il fallait y lire que Rob-Vel n’a pas été le seul créateur à Spirou et qu’il ne l’a pas dessiné autant qu’on le croit. »

Voilà.

N’oubliez pas notre recherche, Tonnerre de Brest, silence !

Spirouette