Tags: Jean Doisy

13 jan 2014, Commentaires (7)

Il y a des jours où…

Auteur: christelle

Il y a des jours où tout s’emballe. Et c’est le cas en ce moment.

La parution de notre livre traitant des premières années de Spirou pourrait laisser croire que le dossier est clos et que nous sommes passés à l’époque suivante. Mais il n’en est rien. Passionnés par ces années de guerre où le Journal de Spirou se révéla acteur de la Résistance, nous avons poursuivi nos recherches. En l’occurrence, nous étions frustrés de ne pas en savoir davantage sur le rôle et les actions concrètes de Jean Doisy.

C'est derrière la fenêtre de son bureau que Jean Doisy menait ses activités secrète...

Derrière cette fenêtre, son bureau derrière lequel il menait une guerre secrète...

Nous avons donc multiplié les démarches, et découvert bien des choses… Parmi tous les fils que nous avons tirés, il en était un qui, en cascade, nous a apporté son lot de révélations. Il ne nous reste plus qu’à dérouler les évènements, les noms, creuser certaines sources… L’énergie dépensée ces derniers mois a été payante, et il se trouve que l’homme est à la hauteur de ce que nous en avions imaginé, et renforce plus encore ce que nous vous en avions dit. Il a pris part activement à certains épisodes clés dans l’histoire de la Résistance belge, il a protégé des vies, sauvé des enfants, combattu activement le nazisme…

L’histoire est belle et il ne nous reste plus qu’à trouver le bon moment pour vous la raconter. Est-ce que ce sera dans le dossier d’introduction de l’intégrale Valhardi que nous préparons pour la fin de l’année ? Sans doute. Valhardi, qu’il a créé, représente le héros intègre qu’il rêvait certainement d’être et incarnait toutes les valeurs qu’il avait développées dans le Code d’honneur des Amis de Spirou.  Ces valeurs étant proches de celles de la Résistance, le fil conducteur est tout trouvé entre ces deux sujets. Mais, contexte oblige, nous ne pourrons sans doute pas tout vous dire. Alors peut-être est-ce que nous glisserons aussi quelques fragments dans l’intégrale du Spirou de Jijé. Ou bien garderons-nous jalousement tout cela pour l’édition augmentée de notre Véritable histoire de Spirou que, peut-être, nous écrirons un jour…

L’histoire le dira.

On vous l’avait bien dit : les recherches continuent.

A bientôt,

Spi.

Ca y est, notre livre existe réellement, il est arrivé à Marcinelle aujourd’hui. Le bébé pèse 1,5 kg parait-il. 1,2 kg de moins que le Delporte. Il sera certainement plus confortable à lire au lit !

Jusque-là, nous n’avions que les cahiers non reliés envoyés par l’imprimeur et maintenant… Il nous faudra hélas attendre lundi, ou même mardi, pour recevoir nos premiers exemplaires. On trépigne d’impatience, évidemment.

En attendant, nous avons de quoi nous occuper, rassurez-vous. Nous consacrons toute notre énergie à l’étude de lourdes archives récupérées il y a 5 ou 6 semaines, archives que nous décortiquons et classons méthodiquement. Mais l’étude de documents est un puits sans fonds. On croit en avoir extrait tout leur contenu et quand on les relis, un ou deux ans plus tard, à l’aune de nouvelles informations, on découvre de nouveaux éléments… Hier, c’est bêtement en feuilletant tout-à-fait fortuitement un extrait de notre bio de Delporte que je me suis aperçue qu’elle décelait de nombreuses informations que j’avais totalement oubliées depuis. A croire que je n’ai pas travaillé 4 ans dessus ! Toujours est-il que nous avons amassé ces dernières semaines plein d’infos que nous aurions pu utiliser pour le premier volume. Mais, maintenant que nous connaissons exactement la forme de notre travail, nous savons très précisémment comment nous pourrons les exploiter dans le second tome de façon tout-à-fait naturelle.

Hormis ce travail d’archives, nous commençons ces jours-ci à répondre à quelques sollicitations en vue de la sortie du livre. Une télé sur France 5, quelques projections du documentaire de Pascal Forneri suivies d’une conférence, etc. Aujourd’hui, par exemple, nous avons eu la charmante visite de Jean-Pierre Mercier chargé de la grande expo Spirou qui aura lieu cet été à Angoulême. Notre mission : l’aider dans la sélection et la recherche de certains documents ainsi que lui apporter une sorte de rigueur historique. Nous avons le sentiment de devoir porter la bonne parole et c’est très étrange en somme.

Avez-vous vu les quelques previews affichées sur le site inedispisrou ?

A tès bientôt,

Spi.

18 sept 2012, Commentaires (0)

Auteur: christelle

Après un long moment sans grandes véritables avancées -relectures, corrections, etc -, voilà que la réalisation de notre livre avance à grands pas. Il est d’ailleurs sur le point d’être terminé.

Hier soir, je suis revenue d’une seconde longue séance de mise au point avec Philippe Ghielmetti, le maquettiste, au cours de laquelle nous avons peaufiné sa mise en page. Notre parti pris ? Beaucoup de pleines pages afin de mettre en valeur les documents proposés. Peu de planches ou de couvertures du journal, au final, puisque, tôt ou tard, elles seront toutes publiées dans des conditions optimales. Nous privilégions les photos, les courriers, les illus rares…

Ce qui est amusant, c’est que, comme nous, Philippe prend le parti de faire ce qu’il a à faire, et la pagination suivra ! On avance en se faisant plaisir, sans se priver de l’une ou l’autre envie. C’était une bonne chose de renoncer à étirer notre récit jusqu’en 1950, sinon, nous aurions du rentrer toute cette belle imagerie au chausse-pied !

Mon document préféré ? Sans aucun doute la reproduction du tableau téléphonique de Paul Dupuis, dans son agenda 1945. Il y a les numéros de téléphone de Doisy, Moons, son frère Charles, René Matthews… 487715, c’est le téléphone de Doisy. Je regarde cette liste de noms et je rêve à l’idée que peut-être, ils pourraient décrocher si l’envie me prenait de composer leurs numéros…

Mais j’aime aussi beaucoup la photo « plein pot » de la marionnette de Spirou et l’affiche inédite de Jijé, les photos de Lafnet, Blanche et Rob-Vel, celles des enfants Dupuis en pyjama… Il en reste une de Paul Dupuis et Blanche, son épouse. Ils sont décontractés, heureux, plein d’amour et de joie. C’est pendant la guerre, leur petit garçon de deux ans est en Angleterre -ils ne le reverront pas avant ses sept ans – et pourtant, ils sourient. Quelle leçon ! Nous n’avons pas encore placé cette photo mais je sais qu’elle aura SA place. Elle me touche beaucoup.

Nous avons commencé la rédaction des légendes. Sacré boulot !

Aujourd’hui, mardi, Philippe termine la mise en page du dernier chapitre, des annexes et des portraits.

C’est un vrai plaisir de travailler avec lui. Je le nourris de meringues, histoire de lui donner de l’énergie, lui qui travaille sept jours sur sept en ce moment…

A très bientôt,

Spirouette

Huit jou

10 sept 2012, Commentaires (8)

la voici, la voilà !

Auteur: christelle

Nous sommes heureux de pouvoir enfin vous montrer la couverture… signée Philippe Ghielmetti. Il y aura sans doute quelques retouches mais telle qu’elle est, elle nous plait ! Reste à savoir si elle fait de l’effet, comme dans la chanson…

A bientôt,

Spi.

2 avr 2012, Commentaires (3)

Ah la vache ! ! !

Auteur: christelle

Oui, dès le titre, je jure ! Si la semaine passée, tout s’était passé magnifiquement, là, on peut dire que ça se corse. Jusque-là, j’avais pour mission quotidienne de commencer ET finir un chapitre. Or, lundi, j’attaquais « 1938″, chapitre comprenant le premier numéro de Spirou et la somme de travail était telle que j’ai fermé mon dossier à minuit passé (le lendemain, je savais que la journée commençais tôt…) sans l’avoir bouclé pour autant. Et jeudi, quand j’ai enfin pu m’y remettre, j’ai perdu un temps fou à me remettre dans le texte. Ca commençait mal… et les choses ne se sont pas arrangées car lorsque l’ai voulu attaquer « 1939″ et le départ pour le front de Rob-Vel, là, ça n’a fait qu’empirer. Les interventions des uns et des autres ne s’emmanchaient pas très bien et, faute de témoins de cette époque et de témoignages s’y rapportant, de grosses lacunes dans le récit. Bref, je ne m’en sortais pas. A 17 heures, j’ai déposé les armes. Tout en nous occupant des affaires familiales, Bertrand et moi continuions à réfléchir au problème, le tordre dans tous les sens… Et finalement, nous avons choisi d’adapter la forme au fond en reprenant la main dans le rédactionnel. Fort de notre connaissance du sujet, c’est donc nous qui allons vous raconter cette période transitoire. La situation s’est totalement débloquée quand, vers 21 heures, « la phrase » m’est apparue ; celle qui fait que plus rien ne vous arrête. « Le décès prématuré de Luc Lafnet… » Il m’a suffit de ces quelques mots pour écrire jeudi soir, en trois heures, ce qui n’arrivait pas l’après-midi même.

Là, nous sommes lundi et j’ai la seconde phrase qui va nous permettre d’enchaîner sur le récit de guerre à Marcinelle au cours duquel nous allons vous raconter la Résistance, le théâtre du Farfadet, les A. d. S., etc. La phrase, c’est « Pendant ce temps, à Marcinelle… »

Voyez, ça ne tient pas à grand chose, parfois : prendre de la distance avec le problème, le regarder sous un autre angle… et attendre que la première phrase arrive. Quand elle est là, vous la reconnaissez immédiatement car dès lors, plus rien ne vous arrête !

Et là, chaud devant, c’est partiiii ! Enfin, jusqu’à la prochaine impasse…

Spirouette

PS : Si vous vous demandez pourquoi ce dessin d’Emile Bravo, c’est simplement parce que nous l’avons rencontré vendredi après-midi, dans un café de Montparnasse. Lui qui a intuitivement tout compris au personnage de Spirou tel qu’il a été conçu à l’origine, nous ne pouvions pas ne pas le questionner sur son point de vue…

24 mar 2012, Commentaires (2)

13 + 16 = 29 pages !

Auteur: christelle

29 pages, voilà exactement là où j’en suis. On est vendredi, il est 22 heures 13 et je viens de fermer la première partie sur laquelle je travaillais depuis le début de l’après-midi. Avant cela, soucieuse de conserver une certaine rigueur chronologique, et surtout une avancée progressive et organisée du texte, je m’étais échauffée sur l’introduction.

Treize premières pages pour raconter les éditions Dupuis, depuis la naissance de Jean Dupuis en 1875 jusqu’à 1937, date à laquelle il décide de fonder Spirou. Sous forme rédactionnelle, émaillée d’extraits d’entretiens, j’ai voulu prendre le temps de cette longue intro pour camper l’ambiance. Spirou n’est pas né là par hasard et il serait absolument incongru de le couper de ses racines prises dans celles de la famille Dupuis. Pour raconter cela, nous avons la chance de bénéficier du très précieux appui de leurs archives familiales.  A la fois les célèbres mémoires de Jean Dupuis écrites lors de son exil en Angleterre pendant la guerre, mais aussi de celles de sa fille aînée Marie-Louise, ainsi que des souvenirs des petits-enfants de Jean. Pourtant, malgré cette base de travail solide et sérieuse, j’ai malgré tout du faire face à quelques incohérences : pour un même évènement, les différentes sources me proposaient des années différentes ! Qui croire ?! De micro-enquêtes se sont imposées… Quand je vois la qualité des documents originels, je reste perplexe sur toutes les infos qu’on trouve sur le net… Dans un souci de pure précision à l’attention des futurs chercheurs qui se pencheront sur Spirou, j’ai essayé tant que je le pouvais d’intégrer des précisions qui peuvent sembler superflues, telles que les diplômes exacts de René Matthews, les dates exactes de mariage (relevés d’après le livret de famille), les prénoms exacts et complets, etc. Autant de détails qui, dans le cadre de certaines recherches, peuvent grandement aider à dérouler le fil.

Comme je vous le disais, 13 pages pour cette intro. Afin qu’elles ne soient pas 13 pages de trop, je me suis évertuée à rendre le récit plaisant ; l’idée serait qu’il puisse se lire « comme une histoire ». Ce soir, je n’ai évidemment aucun recul et c’est là justement que ma collaboration avec Bertrand prend tout son sens. A lui, maintenant, de lire mon texte et de l’améliorer. Une écriture à quatre mains, en deux temps, si vous voulez. C’est ainsi que nous procédons pour les dossiers des intégrales, par exemple, et il est vrai que c’est un fonctionnement qui nous va bien. J’ai confiance en ses remarques et nous avons suffisamment d’expérience en la matière pour savoir « à peu près » gérer les difficultés de façon harmonieuse. Au pire, on s’engueule, mais la vie commune vient prendre le relais quand l’écriture nous oppose !

Et les 16 autres pages, me direz-vous ? Ah, les 16 autres pages… 1937-1938, autrement dit la naissance de Spirou. Et si j’ai poursuivi ce soir le travail en soirée, c’est parce que je voulais aller jusqu’au bout de cette première partie du premier chapitre… Réalisée sous forme de témoignages qui se répondent les uns aux autres, une polyphonie au doux accent wallon… Parfois, et c’est merveilleux, les interventions se répondent les unes aux autres, s’imbriquent comme par magie… et je ne peux alors m’empêcher de pousser un cri victorieux ! Comme je vous le disais précédemment, à cette étape là du travail, ça passe ou ça casse. Et j’avoue que pour le moment, ça passe plutôt bien. Et quand ce n’est pas le cas, je laisse tomber et me dit que telle ou telle intervention pourra bien prendre sa place ailleurs. Je vous l’ai dit, ce livre est un puzzle !

Mais là aussi, je manque quand même de recul. Attendons la relecture de lundi !

Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace !

Bon week-end à vous, il va faire très beau…

Spirouette-cacahuète !

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette

24 fév 2012, Commentaires (1)

Ca y est, nous y sommes !

Auteur: christelle

Oui, nous y sommes enfin, à cette dernière étape, celle de l’agencement de tous les témoignages recueillis. Entre 80 et 100 témoins que nous avons personnellement rencontrés, auquels s’ajoutent les extraits d’entretiens des témoins principaux, à savoir Rob-Vel, Jijé et Franquin, les extraits du billet du Fureteur entre 1938 et 1950, et les quelques centaines d’extraits d’interviews d’autres témoins, trouvées ici ou là dans la presse locale ou les fanzines…

du Crochet de Loisel à Spirou, il n'y avait qu'un pas que nous avons allègrement franchi !

Il parait que la qualité d’un texte se mesure à l’aune de ce qui n’a pas été utilisé, des « restes »… C’est tellement vrai.

Nous devions aller la semaine prochaine à Bruxelles pour approfondir certains points… mais finalement, nous nous sommes ravisés. On commence à lâcher l’idée d’être absolument exhaustif, conscients qu’au point où nous en sommes, ce n’est pas l’un ou l’autre détail qui changera fondamentalement la face de notre livre. Bien, il n’empêche que nous sommes très contents d’avoir pu identifier avec certitude le balcon de l’appartement où habitait Rob-Vel en 1938. Nous nous sommes rendus sur place et sur la base des photographies d’époque, nous avons comparé la configuration des lieux. Pas de doute possible. L’envoi aujourd’hui des listes électorales consultées par son petit cousin ont confirmé, si besoin était, nos conclusions.

Nous sommes à la tête d’une matière gigantesque et c’est à nous de l’utiliser au mieux pour en tirer un récit cohérent, construit, passionnant, riche… Nous avons choisi la facilité, si je puis dire, en faisant le choix d’un récit chronologique qui constitue une solide base de travail que progressivement nous habillerons. Une belle colonne vertébrale, en somme.

Les titres des chapitres nous viennent sans prévenir et le récit se construit tout seul… Cela relève de la magie et ce constat est chaque fois fascinant. Combien de fois avons-nous entendu des auteurs dire que leur personnage avait fini par leur échapper. Ce principe est vrai même dans le cadre de l’écriture d’une monographie. C’est notre cinquième expérience dans le domaine et c’est à coup sûr la partie la plus excitante. Comparable à la maternité : on porte l’enfant en soi, on l’imagine, le rêve, l’idéalise et une fois né, le voilà qui grandit sous nos yeux. On le guide, on tente de l’élèver vers les grandes hauteurs tout en lui laissant sa part de liberté ; surpris, on s’émerveille à le voir pousser droit, magnifique, lui-même et unique.  Ce n’est pas exactement comme cela qu’on l’avait rêvé et on le prend tel qu’il est. Non, ce n’est pas vrai. Cette dernière remarque n’est valable que pour la maternité car pour ce qui est de l’écriture, je peux vous assurer qu’on n’a pas la même tolérance aux erreurs. On se maudit jusqu’à la dernière génération quand on découvre des erreurs qui ressemblent à des horreurs. On se dit qu’on fera mieux la prochaine fois, tout en priant pour que personne ne voit ce désastre…

Pour l’heure, nous reconstituons donc le grand puzzle de l’histoire de Spirou, énervés à l’idée qu’on a entre les mains une richesse formidable qu’aucun historien n’a jamais eu l’honneur de porter. On se sent tout petits, intimidés… on évite de se croire les rois du monde même si, intérieurement, l’émotion est comparable.

Voilà voilà…

Spirouette

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28 jan 2012, Commentaires (2)

Spirou en conférence !

Auteur: christelle

Spirou en conférence, oui, tout arrive !

Ce sera le vendredi 17 février prochain dans le cadre des matinées du patrimoine organisées par le Centre National de la littérature pour la jeunesse, à Paris, rue Cardinet.

Une matinée entière dédiée à Spirou et Fantasio, animée par vos fidèles serviteurs, Bertand et moi-même, très honorés de vous présenter pour l’occasion notre Spirou, et vous parlez de nos recherches, notre méthodologie, etc.

L’entrée est libre, sur réservation seulement.

Pour vous inscrire :

Marion Caliyannis, tél. : 01.53.79.57.06.
Lieu : Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, salle des conférences
88 rue Cardinet 75017 Paris (Métro : Malesherbes ligne 3).

Au plaisir de vous y voir, peut-être…

Voilà, voilà…

Spirouette

Hier, nous fêtions nos deux années de travail sur notre opus magnum, comme on peut l’appeler désormais. Opus magnum car depuis quelques jours, nous avons décidé conjointement avec Dupuis que si le premier volume sortirai bien en avril 2013, le troisième et dernier serait, lui, repoussé à avril 2018, au lieu de 2015. Pourquoi ? De notre côté, nous gagnons trois ans de délai dans le traitement des deux tomes suivants, ce qui n’est pas rien puisqu’entre chaque tome, initialement, nous n’avions que six mois de mise en place du texte puis six mois de mise en page. Autant dire que c’était très peu, trop peu. Du point de vue de l’éditeur, une sortie du dernier tome en 2018 lui permettra de miser sur cette parution pour les… 80 ans de Spirou ! Chacun y trouve son compte dans cette affaire, Spirou y compris.

Sauf que cette histoire va, en tout, monopoliser notre énergie pendant tout juste neuf années, en lieu et place des trois initialement prévues… D’où, désormais, cette nouvelle appelation d’opus magnum, ou grand oeuvre. Ce qui n’est pas à démontrer, loin s’en faut. Ce qui n’est pas à démontrer non plus, c’est de voir combien, une fois encore, le sujet nous a dépassé pour nous emmener dans une aventure humaine des plus inattendues. Alors que nous pensions le sujet très factuel – des faits et rien que des faits – on se retrouve au coeur de rencontres et de dérives introspectives qui ne nous laissent évidemment pas indemnes. Derrière les faits, il y a eu des hommes aux destins exceptionnels qui offrent un enseignement inoui à qui veut bien s’ouvrir à eux. Les vies passionnantes de ces hommes fascinants…

Aujourd’hui, après deux années intenses de recherches, le bilan est lourd. On vous promet une histoire de Spirou absolument iconoclaste où l’on vous racontera, par le menu, que Spirou n’a pas été créé que par rob-Vel, que ce dernier ne l’a pas dessiné et que Jijé n’a pas créé Fantasio, que Davine ne s’appelait pas Blanche, que Spirou a fait de la Résistance et que Charles Dupuis n’a pas créé le Journal de Spirou. J’en oublie peut-être mais déjà, à ce stade-ci, c’est un gros paquet d’idées reçues qui va s’écrouler. Il nous arrive parfois, au détour de l’une ou l’autre rencontre, d’évoquer notre projet, de résumer nos recherches et chaque fois nous peaufinons notre analyse au point que nous nous surprenons à affirmer ce que d’aucun pourrai prendre pour pure fantaisie… Nous mêmes, nous pourrions croire tout ceci très farfelu si nous n’étions pas certains de ce que nous avançons. Dernièrement, nous avons été invités à témoigner dans le documentaire sur Spirou que tourne actuellement Pascal Forneri. Tout en avançant nos connaissances, une petite voix me disait que ce discours là était bien singulier… et que dans le texte, il va nous falloir vous convaincre de la pertinence de notre ressenti !

Ce qui est amusant, c’est de voir que notre démarche est visiblement dans l’air du temps. Bertrand lit actuellement un ouvrage sur les Beatles dans lequel l’auteur s’est attaché à remettre à plat toutes les croyances autour de ce mythe, à vérifier certains propos de John, Paul, Georges ou Ringo, et qu’il y a trouvé parfois des invraisemblances. Et, sur la base de ces vérifications, l’auteur a fait sur les Beatles ce que nous faisons sur Spirou, c’est-à-dire proposer une nouvelle version à l’histoire déjà connue. Amusant, non ?

En tout cas, nous sommes très curieux de commencer le montage des chapitres, deuxième acte prévu dans moins de deux mois et qui prendra fin six mois plus tard, lorsque le maquettiste entrera en scène pour le troisième et dernier acte… Evidemment, nous ne sommes pas prêts : il nous reste encore trop de rencontres à retranscrire et encore l’une ou l’autre à mettre sur pied. Pourtant, on n’a pas lésiné sur les déplacements depuis la rentrée : 4 séjours à Bruxelles en moins de deux mois, un record épuisant. Mais nul doute que nous allons être dans les clous pour une sortie en avril 2013. On n’a jamais rendu un texte en retard et ce n’est pas celui-ci qui va changer nos habitudes !

Allez, c’est la dernière ligne droite. Dans huit mois, on prendra des vacances !

A bientôt, portez-vous bien…

Spirouette.