Tags: Flûte d el’oubli

Nos recherches avancent et prennent de nouveau une tournure assez inattendue… Non, on n’a pas de super grande trouvaille à vous raconter qui nous aurait fait friser l’apoplexie. Après avoir le sentiment d’avoir mis le doigt sur « l’esprit Spirou », nous sommes  en train de comprendre « l’esprit Dupuis » et d’évaluer à sa juste mesure l’impact qu’il a eu sur Spirou.

Pierre Matthews et votre dévouée Spirouette. plus rien d'autre n'avait d'importance à ce moment-là que la compréhension intime de ses propos... Une pure rencontre !

Après avoir entendu parler pendant des décennies de la mentalité de cette famille racontée d’un point de vue chaque fois très subjectif, en rencontrant les petits-enfants de Jean Dupuis, nous en avons aujourd’hui une toute autre vue. Il ne s’agit pas de réécrire quoi que ce soit mais d’expliciter véritablement leur approche morale, politique et industrielle. En cela, notre seconde rencontre avec le fils de René Matthews il y a dix jours a été absolument fabuleuse. Nous avons en tout 7 heures d’entretien avec lui… Il a répondu à toutes nos questions avec une analyse et une sincérité admirable, ne se défaussant pas quand nous abordions des sujets délicats. Et il y en a eu… Nous n’étions pas là pour juger mais pour comprendre, je crois qu’il l’a compris. Nous avons profité de l’aubaine pour évoquer des sujets plus larges et, mieux vaut tard que jamais, toute l’époque Delporte. Quel dommage que nous ne l’ayons rencontré que maintenant… Enfin, si une nouvelle édition de notre bio sur Delporte s’offre à nous, nous pourrons la réactualiser avec bonheur !

Pour revenir à Spirou, nous avions entendu dire partout et toujours que Doisy, Delporte ou Martens n’avaient jamais eu le titre de rédac’ chef, et que le « vrai » rédac’ chef du journal était Charles Dupuis, et, comme beaucoup je crois, nous en déduisions que les autres faisaient le boulot à sa place.  Et bien non ! C’était un peu plus compliqué que cela, à Marcinelle ! Là-bas, il n’y avait que des fonctions, pas de titre. Doisy, Delporte et Martens avaient bien la responsabilité de ce rôle, et s’il n’en avait pas le titre, c’est parce que personne, ni eux ni les dirigeants, n’en avaient ! Question de morale, naturellement. Pierre Matthews nous l’a expliqué en ces termes : »Chez nous, on ne se vantait pas. Et si par malheur je disais à mes camarades que mon père était directeur chez Dupuis, je me faisais disputer par ma mère. Je devais dire « imprimeur ». Se vanter, c’était un péché ! »  Idem pour la fille de Paul Dupuis qui, elle, disait à ses camarades de classe que son père était fermier (!) : ainsi, elle obéissait au précepte familial. Et la lumière fut ! Voilà enfin une réponse à notre question : « Doisy était-il vraiment rédacteur en chef ou bien en usurpait-il le titre ? La réponse est non, il n’usurpait pas ce titre là et je peux continuer à l’admirer en toute sérénité ! Si Charles avait eu un titre, cela aurait été celui de « directeur de la publication ». C’est en arrivant dans l’entreprise que la troisième génération de dirigeants a demandé – exigé ? – un titre.

Voilà, entre autre, le genre d’éclairage que notre rencontre avec Pierre Matthews nous a offert. Ca n’a l’air de rien, mais dans le cadre de nos recherches, c’est énorme ! La création de Spirou est bien trop intimement liée à l’esprit des Dupuis pour que nous fassions l’impasse. On commence à dégager une analyse fine, comme on dit, de leur état d’esprit, et là, ça continue d’être passionnant ! Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est tout un livre que nous devrions écrire sur cette entreprise familiale. Le sujet est fabuleux et tellement riche ! Spirou est vraiment un miracle à tiroirs que nous ouvrons les uns après les autres…

Vendredi nous repartons en Belgique pour une journée à farfouiller dans une partie des archives familiales que Pierre Matthews a mises à notre disposition. C’est un très beau cadeau qu’il nous fait et nous lui en sommes très reconnaissants. Quand nous l’avons vu, il portait fièrement au revers de sa veste son insigne d’AdS. C’est touchant de rencontrer ces gens qui aujourd’hui encore, alors que l’entreprise est vendue depuis 30 ans, sont encore très émus par leur patrimoine familial… comme s’ils n’en revenaient toujours pas ! Quelle aventure humaine, tout de même !!!

R comme Robbedoes... Si René Matthews donnait à lire Spirou en français à ses enfants, il n'empêche qu'ils étaient AdS, côté Flamand !

Bon, samedi nous mettrons notre tenue de spéléologue que nous aurons déjà revêtue la veille chez Isabelle Franquin. Une journée complète avec elle pour évoquer le passé et dénicher quelques photos ou peut-être même des courriers…  ou l’enregistrement de la Flûte de l’oubli ! Nous ne perdons pas de vue le fameux feuilleton radiophonique après lequel nous courrons toujours…

Promis, si on le trouve, on vous le dit !

A bientôt,

Spirouette !

12 nov 2010, Commentaires (1)

Flûte alors ! suite…

Auteur: christelle

En vitesse, je vous donne quelques nouvelles de nos recherches autour de La Flûte de l’oubli.

Hier, un internaute nous a contacté pour nous donner une nouvelle piste de recherches. En 1980, en visite chez Franquin, il a évoqué devant lui ce feuilleton radiophonique. Franquin lui a alors proposé de lui en faire une copie, disposant de « tout le matériel ». Hélas, notre visiteur a décliné l’offre, manquant de temps. Ben oui, parfois, on fait de drôles de choix… Nous, on aurait adoré qu’il accepte…

Bref, partant de cette anecdote, nous avons contacté Isabelle Franquin. Nous lui avions déjà parlé de nos recherches mais elle ne se souvenait pas de ce document. Là, avec ces nouvelles informations, elle nous a promis de passer les affaires de son père au peigne fin. A défaut de résultat, nous irons, ensuite, faire de même avec les archives du CBBD !

Elle est également tout à fait enthousiaste à l’idée de retrouver son feuilleton ; voilà qui nous donne confiance en l’avenir.

Je crois que je peux commencer la cuisson des meringues promises à celui qui nous donnerait l’indice pour retrouver cette flûte enchantée…

Ch.