Tags: Davine

17 fév 2013, Commentaires (2)

il y a des semaines…

Auteur: christelle

Il y a des semaines où tout se précipite… et celle qui se termine aujourd’hui a été très riche en trouvailles, émotions et promesses en tous genres.

La sortie de notre livre a eu le grand mérite de faire état au grand jour de nos recherches auprès de personnes  auxquelles nous n’aurions pas eu accès avant cela. Ainsi, nous avons été contacté par un ancien membre de la rédaction des publications Dupuis. Il a travaillé galerie du Centre à Bruxelles à partir de 1956 aux côtés de messieurs Troisfontaines, Delporte, Rosy… Nous sommes impatients de le rencontrer car il va pouvoir nous raconter par le menu l’organisation des rédactions, leurs interactions, mais aussi,et surtout, nous l’espérons, pouvoir éclaircir certains points. Cet aspect de l’histoire peut sembler loin de Spirou mais il permet de mieux comprendre l’état d’esprit de la maison Dupuis, lequel a toujours été en perpétuelle évolution, je dirais même en perpétuel tiraillement entre l’esprit de Jean Dupuis et la modernité.

Nous avons également repris contact avec un autre témoin. Il est un très grand connaisseur de la maison puisqu’il y a travaillé, et nous réservions son « interrogatoire » pour plus tard, ne pensant pas qu’il avait des choses à nous dire sur les premières années. Et c’était là une grossière erreur d’appréciation de notre part… Il nous a apporté des compléments d’informations que nous aurions bien aimé connaître sur l’épisode Hergé dans Spirou… Forts de ceux-là aujourd’hui, nous savons aujourd’hui dans quel sens compléter le sujet. On touche là la problématique de nos recherches sur des faits vieux de presque 70 ans, consignés dans aucun écrit. Thierry Martens était déjà décédé lorsque Pierre Matthews s’est souvenu de cet épisode, et les témoins à qui nous avons posé la question n’en avait pas connaissance. Nous avions déjà décidé de revenir sur la création du journal Tintin, ce ne sera donc pas difficile de revenir également sur cet épisode, les deux étant liés.

autoportrait de Luc Lafnet - 1935

Cette semaine s’est terminée en apothéose par l’annonce d’une vente aux enchères réalisée voici dix jours chez Artcurial de toutes les archives d’atelier de Luc Lafnet, celles-là même après lesquelles nous avons couru pendant trois ans et que sa détentrice refusait obstinément de nous montrer. Elle était d’ailleurs tellement obstinée qu’elle n’a pas voulu entendre notre demande et nous a raccroché au nez avant que nous ayons pu terminer notre plaidoirie. Après cela, elle n’a plus jamais répondu à aucun de nos appels… Rien d’étonnant de la part d’une femme qui a définitivement détruit la mémoire du peintre en brûlant toutes ses correspondances et autres documents. Bref, le fait que les archives aient été vendues signifie donc qu’elles vont enfin pouvoir être accessibles. D’ailleurs, nous avons appris cette vente par un de ses acheteurs, lequel nous annonce que dans son lot se trouvent des dessins troublants en rapport avec Spirou…  Encore quelques jours, le temps pour lui de tout trier et numériser.  Peut-être a-t-il la preuve irréfutable dont nous manquions jusque-là ? Comme vous l’imaginez, nous attendons fébrilement ces documents. Le mystère Davine sera-t-il lui aussi définitivement éclairci ? Nous avons reçu dernièrement par un de nos « correspondants » une planche signée Davine datée de 1935 dans laquelle apparaît le même peintre que dans la première planche de Spirou. Même barbe, même pipe, même implantation de cheveux, même chevalet… La ressemblance est frappante. Promis, nous vous la montrerons un jour, cette planche.

Si cela vous amuse, vous pouvez consulter en ligne le catalogue de la vente aux enchères : www.artcurial.com/pdf/2013/2277.pdf

Voilà les dernières nouvelles du front. Je vous l’avais dit, il y a des semaines où tout s’accélère…

A très bientôt,

Spirouette

Nous avons frisé l’arrêt du coeur

16 jan 2013, Commentaires (6)

J-2

Auteur: christelle

Bien, à voir comment à gauche et à droite, les commentaires affluent,  je crois que maintenant, vous avez une petite idée de notre Véritable histoire de Spirou. Tout ceci est très réjouissant, évidemment. La presse nous déroule un beau tapis aux couleurs de Spirou et nous nous sentons comme les porte-paroles de ce cher Espiègle et de tout ceux qui se sont jusque-là tenus dans l’ombre. Vous n’imaginez  pas comme c’est émouvant de les voir revivre. Plus qu’une réhabilitation, il s’agit de les rétablir dans l’Histoire ; et voir apparaître ces photos de Jean Dupuis, par exemple, alors que jusque-là chacun l’avait soigneusement oublié, c’est une sacrée récompense. Rendez-vous compte, quand même, que cet homme qui n’avait pas fait d’études, a monté une imprimerie qui a employé jusqu’à 2000 personnes, et surtout, qu’il a créé trois très grands magazines : Bonnes soirées, Le Moustique (qui existe encore aujourd’hui, 90 ans plus tard, sous le nom de Télémoustique !) et le petit dernier, le Journal de Spirou. Voilà un palmarès qui donne envie d’en savoir plus sur lui, non ?

Mais dans toute cette effervescence médiatique, il y en a un qui, une fois encore, passe à l’arrière-plan. Je veux parler de Rob-Vel. DLa Véritable histoire de Spirou par-ci, La Véritable histoire de Spirou par-là… on est ravis, heureux, mais on parle peu du coup de l’intégrale Rob-Vel qui paraît elle aussi vendredi. C’est vraiment un très beau livre qui permet enfin de découvrir le Spirou de Rob-Vel. Et puis, nous avons particulièrement soigné le dossier qui comporte des dessins inédits de Rob-Vel absolument magnifiques. Du Rob-Vel comme vous n’en avez jamais vus, comme nous n’en avions jamais vus non plus avant qu’ils ne nous tombent dessus ; nous ne sommes pas plus malins que vous !

C’est vrai que ces deux livres représentent un coût non négligeable, mais sincèrement, ne passez pas à côté de cette intégrale. Elle n’est pas un résumé de notre Véritable histoire de Spirou ; elle est riche d’un récit qui lui est propre et ce serait dommage de la considérer avec moins d’intérêt. Elle mérite plus que ça.

Voilà, c’est dit.

Je précise que nous ne touchons aucun droit sur cette intégrale.

Allez, plus que deux nuits dormir avant la sortie…

Amie, partout, toujours,

Spirouette

Ca y est, notre livre existe réellement, il est arrivé à Marcinelle aujourd’hui. Le bébé pèse 1,5 kg parait-il. 1,2 kg de moins que le Delporte. Il sera certainement plus confortable à lire au lit !

Jusque-là, nous n’avions que les cahiers non reliés envoyés par l’imprimeur et maintenant… Il nous faudra hélas attendre lundi, ou même mardi, pour recevoir nos premiers exemplaires. On trépigne d’impatience, évidemment.

En attendant, nous avons de quoi nous occuper, rassurez-vous. Nous consacrons toute notre énergie à l’étude de lourdes archives récupérées il y a 5 ou 6 semaines, archives que nous décortiquons et classons méthodiquement. Mais l’étude de documents est un puits sans fonds. On croit en avoir extrait tout leur contenu et quand on les relis, un ou deux ans plus tard, à l’aune de nouvelles informations, on découvre de nouveaux éléments… Hier, c’est bêtement en feuilletant tout-à-fait fortuitement un extrait de notre bio de Delporte que je me suis aperçue qu’elle décelait de nombreuses informations que j’avais totalement oubliées depuis. A croire que je n’ai pas travaillé 4 ans dessus ! Toujours est-il que nous avons amassé ces dernières semaines plein d’infos que nous aurions pu utiliser pour le premier volume. Mais, maintenant que nous connaissons exactement la forme de notre travail, nous savons très précisémment comment nous pourrons les exploiter dans le second tome de façon tout-à-fait naturelle.

Hormis ce travail d’archives, nous commençons ces jours-ci à répondre à quelques sollicitations en vue de la sortie du livre. Une télé sur France 5, quelques projections du documentaire de Pascal Forneri suivies d’une conférence, etc. Aujourd’hui, par exemple, nous avons eu la charmante visite de Jean-Pierre Mercier chargé de la grande expo Spirou qui aura lieu cet été à Angoulême. Notre mission : l’aider dans la sélection et la recherche de certains documents ainsi que lui apporter une sorte de rigueur historique. Nous avons le sentiment de devoir porter la bonne parole et c’est très étrange en somme.

Avez-vous vu les quelques previews affichées sur le site inedispisrou ?

A tès bientôt,

Spi.

18 sept 2012, Commentaires (0)

Auteur: christelle

Après un long moment sans grandes véritables avancées -relectures, corrections, etc -, voilà que la réalisation de notre livre avance à grands pas. Il est d’ailleurs sur le point d’être terminé.

Hier soir, je suis revenue d’une seconde longue séance de mise au point avec Philippe Ghielmetti, le maquettiste, au cours de laquelle nous avons peaufiné sa mise en page. Notre parti pris ? Beaucoup de pleines pages afin de mettre en valeur les documents proposés. Peu de planches ou de couvertures du journal, au final, puisque, tôt ou tard, elles seront toutes publiées dans des conditions optimales. Nous privilégions les photos, les courriers, les illus rares…

Ce qui est amusant, c’est que, comme nous, Philippe prend le parti de faire ce qu’il a à faire, et la pagination suivra ! On avance en se faisant plaisir, sans se priver de l’une ou l’autre envie. C’était une bonne chose de renoncer à étirer notre récit jusqu’en 1950, sinon, nous aurions du rentrer toute cette belle imagerie au chausse-pied !

Mon document préféré ? Sans aucun doute la reproduction du tableau téléphonique de Paul Dupuis, dans son agenda 1945. Il y a les numéros de téléphone de Doisy, Moons, son frère Charles, René Matthews… 487715, c’est le téléphone de Doisy. Je regarde cette liste de noms et je rêve à l’idée que peut-être, ils pourraient décrocher si l’envie me prenait de composer leurs numéros…

Mais j’aime aussi beaucoup la photo « plein pot » de la marionnette de Spirou et l’affiche inédite de Jijé, les photos de Lafnet, Blanche et Rob-Vel, celles des enfants Dupuis en pyjama… Il en reste une de Paul Dupuis et Blanche, son épouse. Ils sont décontractés, heureux, plein d’amour et de joie. C’est pendant la guerre, leur petit garçon de deux ans est en Angleterre -ils ne le reverront pas avant ses sept ans – et pourtant, ils sourient. Quelle leçon ! Nous n’avons pas encore placé cette photo mais je sais qu’elle aura SA place. Elle me touche beaucoup.

Nous avons commencé la rédaction des légendes. Sacré boulot !

Aujourd’hui, mardi, Philippe termine la mise en page du dernier chapitre, des annexes et des portraits.

C’est un vrai plaisir de travailler avec lui. Je le nourris de meringues, histoire de lui donner de l’énergie, lui qui travaille sept jours sur sept en ce moment…

A très bientôt,

Spirouette

Huit jou

10 sept 2012, Commentaires (8)

la voici, la voilà !

Auteur: christelle

Nous sommes heureux de pouvoir enfin vous montrer la couverture… signée Philippe Ghielmetti. Il y aura sans doute quelques retouches mais telle qu’elle est, elle nous plait ! Reste à savoir si elle fait de l’effet, comme dans la chanson…

A bientôt,

Spi.

2 avr 2012, Commentaires (3)

Ah la vache ! ! !

Auteur: christelle

Oui, dès le titre, je jure ! Si la semaine passée, tout s’était passé magnifiquement, là, on peut dire que ça se corse. Jusque-là, j’avais pour mission quotidienne de commencer ET finir un chapitre. Or, lundi, j’attaquais « 1938″, chapitre comprenant le premier numéro de Spirou et la somme de travail était telle que j’ai fermé mon dossier à minuit passé (le lendemain, je savais que la journée commençais tôt…) sans l’avoir bouclé pour autant. Et jeudi, quand j’ai enfin pu m’y remettre, j’ai perdu un temps fou à me remettre dans le texte. Ca commençait mal… et les choses ne se sont pas arrangées car lorsque l’ai voulu attaquer « 1939″ et le départ pour le front de Rob-Vel, là, ça n’a fait qu’empirer. Les interventions des uns et des autres ne s’emmanchaient pas très bien et, faute de témoins de cette époque et de témoignages s’y rapportant, de grosses lacunes dans le récit. Bref, je ne m’en sortais pas. A 17 heures, j’ai déposé les armes. Tout en nous occupant des affaires familiales, Bertrand et moi continuions à réfléchir au problème, le tordre dans tous les sens… Et finalement, nous avons choisi d’adapter la forme au fond en reprenant la main dans le rédactionnel. Fort de notre connaissance du sujet, c’est donc nous qui allons vous raconter cette période transitoire. La situation s’est totalement débloquée quand, vers 21 heures, « la phrase » m’est apparue ; celle qui fait que plus rien ne vous arrête. « Le décès prématuré de Luc Lafnet… » Il m’a suffit de ces quelques mots pour écrire jeudi soir, en trois heures, ce qui n’arrivait pas l’après-midi même.

Là, nous sommes lundi et j’ai la seconde phrase qui va nous permettre d’enchaîner sur le récit de guerre à Marcinelle au cours duquel nous allons vous raconter la Résistance, le théâtre du Farfadet, les A. d. S., etc. La phrase, c’est « Pendant ce temps, à Marcinelle… »

Voyez, ça ne tient pas à grand chose, parfois : prendre de la distance avec le problème, le regarder sous un autre angle… et attendre que la première phrase arrive. Quand elle est là, vous la reconnaissez immédiatement car dès lors, plus rien ne vous arrête !

Et là, chaud devant, c’est partiiii ! Enfin, jusqu’à la prochaine impasse…

Spirouette

PS : Si vous vous demandez pourquoi ce dessin d’Emile Bravo, c’est simplement parce que nous l’avons rencontré vendredi après-midi, dans un café de Montparnasse. Lui qui a intuitivement tout compris au personnage de Spirou tel qu’il a été conçu à l’origine, nous ne pouvions pas ne pas le questionner sur son point de vue…

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette

24 fév 2012, Commentaires (1)

Ca y est, nous y sommes !

Auteur: christelle

Oui, nous y sommes enfin, à cette dernière étape, celle de l’agencement de tous les témoignages recueillis. Entre 80 et 100 témoins que nous avons personnellement rencontrés, auquels s’ajoutent les extraits d’entretiens des témoins principaux, à savoir Rob-Vel, Jijé et Franquin, les extraits du billet du Fureteur entre 1938 et 1950, et les quelques centaines d’extraits d’interviews d’autres témoins, trouvées ici ou là dans la presse locale ou les fanzines…

du Crochet de Loisel à Spirou, il n'y avait qu'un pas que nous avons allègrement franchi !

Il parait que la qualité d’un texte se mesure à l’aune de ce qui n’a pas été utilisé, des « restes »… C’est tellement vrai.

Nous devions aller la semaine prochaine à Bruxelles pour approfondir certains points… mais finalement, nous nous sommes ravisés. On commence à lâcher l’idée d’être absolument exhaustif, conscients qu’au point où nous en sommes, ce n’est pas l’un ou l’autre détail qui changera fondamentalement la face de notre livre. Bien, il n’empêche que nous sommes très contents d’avoir pu identifier avec certitude le balcon de l’appartement où habitait Rob-Vel en 1938. Nous nous sommes rendus sur place et sur la base des photographies d’époque, nous avons comparé la configuration des lieux. Pas de doute possible. L’envoi aujourd’hui des listes électorales consultées par son petit cousin ont confirmé, si besoin était, nos conclusions.

Nous sommes à la tête d’une matière gigantesque et c’est à nous de l’utiliser au mieux pour en tirer un récit cohérent, construit, passionnant, riche… Nous avons choisi la facilité, si je puis dire, en faisant le choix d’un récit chronologique qui constitue une solide base de travail que progressivement nous habillerons. Une belle colonne vertébrale, en somme.

Les titres des chapitres nous viennent sans prévenir et le récit se construit tout seul… Cela relève de la magie et ce constat est chaque fois fascinant. Combien de fois avons-nous entendu des auteurs dire que leur personnage avait fini par leur échapper. Ce principe est vrai même dans le cadre de l’écriture d’une monographie. C’est notre cinquième expérience dans le domaine et c’est à coup sûr la partie la plus excitante. Comparable à la maternité : on porte l’enfant en soi, on l’imagine, le rêve, l’idéalise et une fois né, le voilà qui grandit sous nos yeux. On le guide, on tente de l’élèver vers les grandes hauteurs tout en lui laissant sa part de liberté ; surpris, on s’émerveille à le voir pousser droit, magnifique, lui-même et unique.  Ce n’est pas exactement comme cela qu’on l’avait rêvé et on le prend tel qu’il est. Non, ce n’est pas vrai. Cette dernière remarque n’est valable que pour la maternité car pour ce qui est de l’écriture, je peux vous assurer qu’on n’a pas la même tolérance aux erreurs. On se maudit jusqu’à la dernière génération quand on découvre des erreurs qui ressemblent à des horreurs. On se dit qu’on fera mieux la prochaine fois, tout en priant pour que personne ne voit ce désastre…

Pour l’heure, nous reconstituons donc le grand puzzle de l’histoire de Spirou, énervés à l’idée qu’on a entre les mains une richesse formidable qu’aucun historien n’a jamais eu l’honneur de porter. On se sent tout petits, intimidés… on évite de se croire les rois du monde même si, intérieurement, l’émotion est comparable.

Voilà voilà…

Spirouette

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Hier, nous fêtions nos deux années de travail sur notre opus magnum, comme on peut l’appeler désormais. Opus magnum car depuis quelques jours, nous avons décidé conjointement avec Dupuis que si le premier volume sortirai bien en avril 2013, le troisième et dernier serait, lui, repoussé à avril 2018, au lieu de 2015. Pourquoi ? De notre côté, nous gagnons trois ans de délai dans le traitement des deux tomes suivants, ce qui n’est pas rien puisqu’entre chaque tome, initialement, nous n’avions que six mois de mise en place du texte puis six mois de mise en page. Autant dire que c’était très peu, trop peu. Du point de vue de l’éditeur, une sortie du dernier tome en 2018 lui permettra de miser sur cette parution pour les… 80 ans de Spirou ! Chacun y trouve son compte dans cette affaire, Spirou y compris.

Sauf que cette histoire va, en tout, monopoliser notre énergie pendant tout juste neuf années, en lieu et place des trois initialement prévues… D’où, désormais, cette nouvelle appelation d’opus magnum, ou grand oeuvre. Ce qui n’est pas à démontrer, loin s’en faut. Ce qui n’est pas à démontrer non plus, c’est de voir combien, une fois encore, le sujet nous a dépassé pour nous emmener dans une aventure humaine des plus inattendues. Alors que nous pensions le sujet très factuel – des faits et rien que des faits – on se retrouve au coeur de rencontres et de dérives introspectives qui ne nous laissent évidemment pas indemnes. Derrière les faits, il y a eu des hommes aux destins exceptionnels qui offrent un enseignement inoui à qui veut bien s’ouvrir à eux. Les vies passionnantes de ces hommes fascinants…

Aujourd’hui, après deux années intenses de recherches, le bilan est lourd. On vous promet une histoire de Spirou absolument iconoclaste où l’on vous racontera, par le menu, que Spirou n’a pas été créé que par rob-Vel, que ce dernier ne l’a pas dessiné et que Jijé n’a pas créé Fantasio, que Davine ne s’appelait pas Blanche, que Spirou a fait de la Résistance et que Charles Dupuis n’a pas créé le Journal de Spirou. J’en oublie peut-être mais déjà, à ce stade-ci, c’est un gros paquet d’idées reçues qui va s’écrouler. Il nous arrive parfois, au détour de l’une ou l’autre rencontre, d’évoquer notre projet, de résumer nos recherches et chaque fois nous peaufinons notre analyse au point que nous nous surprenons à affirmer ce que d’aucun pourrai prendre pour pure fantaisie… Nous mêmes, nous pourrions croire tout ceci très farfelu si nous n’étions pas certains de ce que nous avançons. Dernièrement, nous avons été invités à témoigner dans le documentaire sur Spirou que tourne actuellement Pascal Forneri. Tout en avançant nos connaissances, une petite voix me disait que ce discours là était bien singulier… et que dans le texte, il va nous falloir vous convaincre de la pertinence de notre ressenti !

Ce qui est amusant, c’est de voir que notre démarche est visiblement dans l’air du temps. Bertrand lit actuellement un ouvrage sur les Beatles dans lequel l’auteur s’est attaché à remettre à plat toutes les croyances autour de ce mythe, à vérifier certains propos de John, Paul, Georges ou Ringo, et qu’il y a trouvé parfois des invraisemblances. Et, sur la base de ces vérifications, l’auteur a fait sur les Beatles ce que nous faisons sur Spirou, c’est-à-dire proposer une nouvelle version à l’histoire déjà connue. Amusant, non ?

En tout cas, nous sommes très curieux de commencer le montage des chapitres, deuxième acte prévu dans moins de deux mois et qui prendra fin six mois plus tard, lorsque le maquettiste entrera en scène pour le troisième et dernier acte… Evidemment, nous ne sommes pas prêts : il nous reste encore trop de rencontres à retranscrire et encore l’une ou l’autre à mettre sur pied. Pourtant, on n’a pas lésiné sur les déplacements depuis la rentrée : 4 séjours à Bruxelles en moins de deux mois, un record épuisant. Mais nul doute que nous allons être dans les clous pour une sortie en avril 2013. On n’a jamais rendu un texte en retard et ce n’est pas celui-ci qui va changer nos habitudes !

Allez, c’est la dernière ligne droite. Dans huit mois, on prendra des vacances !

A bientôt, portez-vous bien…

Spirouette.

9 déc 2010, Commentaires (1)

Mystèrieuse Blanche Dumoulin…

Auteur: christelle

C’est drôle comme parfois, les  découvertes nous arrivent sans crier gare. Hier, juste un mail de notre ami Yann. En deux mots, son texte était « Regardez ce que je viens de trouver par hasard en feuilletant de vieux catalogues de vente aux enchères ! »  J’ouvre la pièce jointe et là, que vois-je ? Des recherches de personnage pour Spirou signés Rob-Vel ! Yann venait d’introduire dans nos recherches une avancée fulgurante. Non seulement, d’un point de vue historique, ces dessins sont extraordinaires mais en plus, les commentaires qui les accompagnaient nous ouvrent toutes grandes les portes pour dénicher les archives de Luc Lafnet, le peintre qui aurait pris part d’une façon mystérieuse au duo Rob-Vel/Davine.

Voici la tombe de Luc lafnet, au cimetière de Maule, en France. Nous sommes en contact avec les actuels propriétaires de la maison qu'il s'y est faite construire en 1937. Eux aussi s'intéressent de près à cet homme là et nous avons échangé nos connaisances un dimanche après-midi, cet été ; cela s'est terminé par une visite au cimetière, comme il se doit. Décidément, Spirou nous aura souvent menés au cimetière...

En effet, ces dessins mis en vente faisaient parti des archives de Luc Lafnet et il est donc tout à fait probable que la personne qui les a confiées à la vente est la dépositaire de TOUTES les archives Lafnet. Auquel cas, il ne nous reste plus qu’à entrer en contact avec le commissaire priseur pour que celui-ci accepte de nous confier ses coordonnées.

Mais pourquoi cherche-t-on les archives de cet homme, nous direz-vous ? Tout simplement parce que tout ce qui jusque-là a été dit sur sa participation à Spirou ne colle pas du tout avec ce que nous savons sur lui, ni sur la thèse qui a été faite sur lui voici 30 ans. On cherche donc à faire la part des choses entre la légende et l’histoire. La vérité se trouve dans ses archives, nous a-t-on dit. C’est pourquoi il est important de les retrouver.

Ch.