Archives: novembre 2015

30 nov 2015, Commentaires (2)

Quelques piqures de plus…

Auteur: christelle

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur notre ouvrage consacré aux couvertures du Moustique, voici une série d’extraits d’interview accordée au site SéquenceBD.

http://sequencebd.fr/franquin-morris-jije-sempe-200-couvertures-inedites-pour-le-journal-le-moustique/

et pour en savoir davantage encore :

http://sequencebd.fr/franquin-morris-jije-sempe-200-couvertures-du-moustique/

Ch.

7 nov 2015, Commentaires (8)

Ca piquote…

Auteur: christelle

Aujourd’hui, ça y est, notre dernière parution de l’année est en librairie, en pâture…

Vous pouvez découvrir notre Moustique qui, par son traitement, diffère de ceux que nous avons pu réaliser jusque-là. Pas de récits au long cours mais des commentaires ponctuels, une iconographie qui prend toute la place, et une mise en page qui tire sévèrement – et volontairement ! - vers ce qu’on appelle le « beaux-livre ».

Pour nous, cet ouvrage est à part de tous les autres à plus d’un titre. Surtout, et essentiellement, pour toute l’émotion dont sa réalisation est chargée.

Nous l’avons commencé en août 2012. Dès l’approbation de notre éditeur, Sergio Honorez, nous avons rencontré Maurice Rosy. Il était LE témoin précieux de cette époque, et nous savions qu’il nous donnerait la matière essentielle pour raconter l’histoire des couvertures du Moustique. Nous prenions rendez-vous pour un déjeuner dans un restaurant de son quartier, à deux pas de la rue Daguerre. Nous avions ri, beaucoup ri, ce jour-là, en découvrant placardé sur le coin d’un immeuble, une fausse plaque de rue où était écrit :  » Impasse Sarkosy « .

Dans un premier temps, parce que nous pensions en avoir, nous voulions qu’il nous aide à identifier les auteurs de certaines illsutrations. Nous avions donc apporté les reliures faites-maison de l’intégralité des couvertures sommairement photographiées dans les archives de Marcinelle. A la vue de certaines, il s’exclamait, riait, ou nous livrait une anecdote. Nous étions très gais, contents d’être là. Et lui semblait partager ces sentiments. C’était, dans notre esprit, une première séance de travail. Et dans le sien aussi.

De retour à la maison, nous avons commencé à éplucher les quelque centaines de fascicules du Moustique, prenant des notes que nous comptions bien lui soumettre pour qu’il nous aide à savoir qui se cachait derrière tel pseudonyme ou tel cartoon.

Mais nous ne l’avons jamais revu. Son AVC et son hospitalisation eurent raison de notre nouvelle collaboration. Par l’intermédiaire de sa fille, nous lui faisions parvenir quelques dessins à identifier, quelques signatures à décoder, et quelques meringues de ma spécialité. Il continuait à prendre cela très au sérieux. « J’ai du travail », avait-il dit à sa fille en évoquant les questions que nous lui posions.

Sauf que…

Sauf que nous avons du poursuivre l’aventure sans lui, mais son souvenir n’a jamais cessé de nous accompagner. Benoît Gillain, avec qui nous avons réalisé la mise en page, était proche de Rosy depuis toujours. Ils s’étaient rencontrés en 1954, lorsque Rosy, accompagné de Franquin et Peyo, fit le voyage jusqu’à Antibes pour rencontrer Jijé. Benoît avait alors 16 ans, Rosy 27, et à partir de là, ils ne cessèrent jamais de se voir. « Maurice était mon seul copain d’enfance, disait Benoît. C’est lui qui m’a appris le judo. »

Du coup, travaillant sur la maquette du Moustique, vous imaginez comme le souvenir de Maurice planait au-dessus de nous. Nous partagions notre tristesse dans un silence pudique. « Ah, Maurice… », disions-nous parfois, dès que nous tombions sur ses couvertures que nous trouvions sublimes. Au point d’ailleurs que nous avons décidé de cadrer la sélection jusqu’en 1964, simplement pour publier cette incroyable illustration qu’il réalisa pour le numéro 2000 de la revue. Elle clôt notre livre dans une apothéose. Il était si singulier parmi tous ces auteurs qui ont travaillé chez Spirou. Nous ne cessons d’admirer son travail.

Nous aurions tant aimé faire ce livre avec lui.

Ch.