10 oct 2015, Commentaires (2)

Quelques piqûres bien senties !

Auteur: christelle

Cette semaine, de Marcinelle j’ai pu remporter avec moi les cahiers d’impression de notre livre sur les couvertures du Moustique, qui paraîtra début novembre et que nous avons mijoté en grand secret pendant presque 3 ans… Vous commencez à le savoir : on aime prendre notre temps… Et il fallait bien ça pour mettre sur pied ce drôle de projet, qui paraît si évident pour chacun, et qui ne l’était absolument pas.

Par quel bout prendre ce sujet ? Quels auteurs sélectionner ? Que montrer ? Comment le montrer ?… Autant de questions auxquelles nous avons du répondre au fur et à mesure…

L’inventaire des couvertures a été la première partie de ces recherches. Bon nombre d’entre elles n’étaient pas signées… Il y en a pour lesquelles l’identification était aisée ; mais pour d’autres… Il en reste encore aujourd’hui que nous n’avons pas identifiées, et que nous avons donc du mettre de côté. Il y en a également qui étaient identifiées mais pour lesquelles nous ne savions rien de leur auteur, et personne autour de nous n’a pu nous mettre sur une piste. Là encore, nous avons du les mettre de côté.

Après cela, il a fallu définir l’angle d’attaque. Il était très tentant de réduire ce livre à la célèbre Bande des 4, mais, plus nous regardions les illustrations des autres auteurs, et plus nous regrettions de ne pas pouvoir les montrer. Parmi elles, il y en avait de fameuses qui méritaient bien une « exposition ». Roba, Rosy, Moallic, Sempé, Bara, Ryssack… Oui mais alors, quelle logique donner à cette approche ?

Le seul lien entre tous ces auteurs étaient qu’ils avaient tous collaboré à cette revue alors qu’ils démarraient leur carrière ; nous avions là, sous nos yeux, les balbutiements de leur univers, voire la mise en place de celui-ci. A partir de là, c’était bon : nous tenions notre fil conducteur !

Oui, mais alors, quelles couvertures sélectionner ? Et là… Oh comme ce fut difficile ! Que d’hésitations, de tergiversations, de renoncements et de regrets… Les pages étaient comptées… Certaines couvertures se répondaient et trouvaient merveilleusement leur place en vis à vis, d’autres étaient redondantes, certaines détonnaient ou bondissaient littéralement et, du coup, s’imposaient. Il y en eut d’autres qui n’ont malheureusement jamais trouvé leur place… Il fallait rythmer les pages, trouver un enchaînement logique… Que d’allers-retours !

Nous avons travaillé cette mise en page avec Benoît Gillain et c’était vraiment très gai de faire ce livre avec lui. Il avait connu tous ces auteurs à l’époque même où ils dessinaient ces couvertures – il en a lui-même commis deux ! - et c’était pour lui comme un retour sur cette période. Parfois, au détour d’une illustration ou d’une photo, lui venait un souvenir, ou une anecdote. « Tiens, mais c’est mon vélo !  » s’est-il ainsi exclamé devant la très belle photo de Bara pédalant sur un vélo en chapeau haut-de-forme. Nous avions des débats d’idée sur les choix, et tantôt l’un, tantôt l’autre, nous baissions les armes. Il avait une approche graphique du livre, alors que nous, nous tenions par-dessus tout à ne pas perdre de vue que nous allions raconter une histoire. Et il est vrai que certaines couvertures n’ont trouvé leur place que par l’histoire qu’elles racontaient, le lien entre leur auteur et sa carrière à venir.

Parallèlement, nous avons donc « écrit » l’histoire de ces illustrations sous forme de commentaires ponctuels. L’idée était de contextualiser ces images, d’apporter de-ci delà quelques repères, voire quelques digressions. Nous avons donc « illustré » ces dessins par nos textes ; c’est pas banal !

Nous avons été passionnés par cette mise en perspective de certaines de ces couvertures avec la réalité de leurs auteurs. A son échelle, Le Moustique a lui aussi été un élément fondateur dans l’histoire de la bande dessinée en Belgique et il est indissociable du Journal de Spirou, son petit frère. Les rédacteurs (tels Doisy, Delporte, Xavier Snoeck, Desprechins) et autres illustrateurs travaillaient bien souvent pour les deux revues et ce sont bien ces incessantes passerelles que nous racontons dans les commentaires.

Cet « exercice » a été comme une nouvelle façon de raconter l’histoire du Journal de Spirou. Et pour nous qui avons l’habitude de laisser aller notre plume, ce fut un beau challenge !

En tout cas, tenir aujourd’hui ces feuilles entre nos mains est très émouvant. Avec l’énergie dévorante de notre Véritable histoire de Spirou, nous avions presque oublié à quel point ce livre est tout aussi important à nos yeux. Et sur bien des points…

Nous sommes heureux de l’avoir fait, et nous avons  vraiment hâte qu’il existe en librairie. Il ne changera pas la face du monde, mais pour nous, il marque une étape.

Y serez-vous sensibles vous aussi ?

Ch.

Pour le plaisir, voici quelques doubles pages photographiées en vrac.

Commentaires (2) »

  • Flutet dit :

    Hello
    je ne connais « Le Moustique » que de nom mais la présentation de Christelle me donne envie d’en savoir plus. Je serai un de vos premiers lecteurs, n’en doutez pas
    Bien cordialement
    jean michel

  • richard foin dit :

    Ce Moustique dont on a tellement entendu parler, qui vibrionnait autour du Spirou, mais pas du tout en France, voilà que vous allez nous le faire découvrir, magnifique idée ; en fait on n’est plus dans l’histoire de Spirou mais dans celle des Editions Dupuis ! Quel talent ! Continuez de nous rafraichir Madeleine, heu pardon Christelle !

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