Archives: mars 2015

25 mar 2015, Commentaires (7)

On y est !

Auteur: christelle

Depuis quelques jours déjà, nous avons rendu notre copie de La véritable histoire de Spirou à nos éditeurs, pas fâchés d’être arrivés au bout de cette somme !

Maintenant, c’est le grand moment des doutes : est-ce que ceci, ou cela ?… Plein de pensées nécessaires, ou parasites, qui gâchent le plaisir de « l’avoir fait ».

La dernière ligne droite était intense : 7 jours sur 7. On a joué les équilibristes auprès de nos enfants, pour travailler tout le temps tout en étant disponibles… Même pendant notre courte semaine de vacances, nous avions emporté notre texte… C’est dire si là, on revient à la civilisation  : on peut sortir, vivre normalement, sans avoir l’esprit ailleurs. Ca fait du bien !

Depuis, nous avons commencé à organiser l’iconographie. Partie après partie, les images se superposent au texte. On se balade dans nos différents dossiers, à la recherche des documents qui seront les plus à même d’illustrer nos propos. L’image doit être efficace, au premier coup d’oeil. Présenter un intérêt documentaire, graphique, ou historique, raconter une histoire, embarquer vers autre chose…

Nous avons de bonnes surprises, comme cet improbable document réalisé en 1949 par Delporte, texte et dessin, pour présenter un match de foot organisé pour la fête de la Saint-Jean, à Marcinelle, entre divers ouvriers de l’imprimerie. Il nous vient des archives d’un ancien employé Dupuis, rencontré il y a 5 ans. Jusqu’à hier, on se demandait bien à quelle occasion il pourrait être publié. Aujourd’hui, ça y est, il a trouvé sa place. Ce document, « made by Delporte », dit bien l’ambiance qu’il pouvait y avoir à Marcinelle.

Nous avons pour principe que chaque document doit être utilisé à sa juste place, et valorisé dans la mise en page. A publier et republier toujours les mêmes documents, ils ne deviennent plus que « des images de plus » et perdent de leur valeur. Déjà vu !… et on finit par ne plus les voir.

Dans le choix, nous restons attentifs également à une belle répartition des documents pour que l’introduction à l’intégrale Spirou de Jijé soit elle aussi bien illustrée, sans qu’il n’y ait de doublons. Comme ce que nous avions fait pour l’intégrale Rob-Vel où, si ma mémoire est bonne, seules deux ou trois photos étaient reprises de notre Véritable histoire de Spirou.

Cette phase préparatoire est vraiment très excitante car au fur et à mesure qu’on sélectionne les images, on les imagine mise en page, façon Ghielmetti. Je me régale à l’idée de ces journées que nous allons passer dans son atelier pour mijoter tout cela…

Encore un peu de patience…

14 mar 2015, Commentaires (4)

LVHDS 2 : on y est presque !

Auteur: christelle

La véritable histoire de Spirou 2, en voie d'achèvement.

Ces dernières semaines, Valhardi a pris beaucoup de place. En surface tout du moins puisque pendant que vous découvriez notre dernier-né, de notre côté, nous avons oeuvré comme des bêtes sur le texte de La véritable histoire de Spirou 2. Au point que celui-ci est quasiment terminé. Nous en sommes à la dernière relecture, pour tout vous dire.

L’écriture a été très différente de celle du premier volume car là, les questions de forme étant déjà réglées, nous n’avions plus qu’à nous préoccuper des questions de fond, et à tenter de faire mieux que la dernière fois.

Pour ceux qui se posent encore la question, il s’agit réellement d’une écriture à 4 mains, qui évolue par couches successives. Nous avons d’abord défini la chronologie des années 1947-1955 et déterminé les points à aborder. Ensuite, j’ai écrit la première version, quasiment d’un trait. L’idée première était avant tout de structurer le récit, poser les idées, organiser les dialogues et développer les rédactionnels au mieux. Je suis restée dans une certaine dynamique, sans perdre le rythme en fignolages qui, à cette étape, étaient superflus. ¨Parfois j’étais inspirée, voire très inspirée : le texte venait tout seul, les idées s’enchaînant les unes aux autres, parfois… Sachant que Bertrand interviendrait après, je ne me posais pas plus de question et je le laissais « prendre la main ».

Ce qui est amusant, et vraiment très étonnant, c’est qu’à plusieurs moments, j’ai eu ce qui s’appelle des éclairs de compréhension où, d’un coup, je comprenais l’enchaînement des choses et pouvais leur donner du sens alors que nous nous interrogions dessus depuis des mois parfois. Comme si, face à la page blanche, l’esprit était plus alerte. A ces moments-là, bien sûr, je montais les escaliers en courant pour dire à Bertrand : « J’ai compris ! Je sais pourquoi ceci et pourquoi cela ! »

Simultanément, avec forcément un léger décalage, Bertrand reprenait mes chapitres et les peaufinait ; développait les idées que j’avais peu explorées et finalisait les rédactionnels, ajoutait son petit grain de sel là où il manquait, scindait certaines parties en deux pour rythmer davantage le récit, vérifiait certaines informations, trouver des titres efficaces et amusants, intégrant de nouveaux dialogues…

Le grand avantage de tout ceci est que nous avons tellement discuté de toutes ces informations depuis des années que même lorsque les idées étaient mal exprimées, il savait ce que je voulais dire et  prenait véritablement la relève. Ce qui est chouette, c’est que je lui ai confié mon texte en parfaite confiance : je savais que ce qu’il ajouterait apporterait une véritable plus-valu. Quel confort de pouvoir agir ainsi, sans crainte, et sans que les ego n’interviennent. Bon, ça n’a pas empêché qu’il râle quand il a découvert que j’avais tout écrit au présent, alors que le premier volume était écrit au passé. Il a donc du tout reprendre… Et puis, j’étais un peu renfrognée quand il m’a dit que Doisy prenait un peu trop de place… Le pire, c’est que je savais qu’il avait raison.

Mais je n’avais qu’une seule envie : voir ce qu’il avait fait de ma version ! Imaginez : je savais que c’était la même, mais en mieux ! Je n’ai pu accéder au Nirvana que la semaine dernière. Et je n’ai pas été déçue. Ma relecture n’a été nécessaire que pour peaufiner encore un peu plus : supprimer quelques bavardages, quelques notions qui se répétaient trop souvent à mon goût, vérifier les références ou les informations qu’il avait soulignées comme « douteuses », m’assurer qu’il y ait le moins de fautes d’orthographe possible (!)… J’ai fini cette étape hier après-midi. Et hop !

Ce qui est également amusant, c’est qu’au final, il y a des idées, des phrases où je serais bien en peine de vous dire qui l’a écrit. Une véritable écriture à 4 mains, vous dis-je.

Ne reste plus à Bertrand qu’à lire une fois encore toute notre prose, et c’est fini !

Je sais qu’hier soir, il avait relu les années 1947 à 1952. Testent donc 1953, 1954 et 1955. D’ici la fin du week-end – ben oui, les week-ends, chez nous, c’est fait aussi pour travailler… – il devrait avoir terminé cette étape.

Après cela… Il nous reste encore à rédiger toutes les annexes, reprendre toutes les sources des dialogues et les référencer, rédiger le portrait d’Henry Gillain et Geo Salmon, organiser toute l’iconographie…

On espère pouvoir entamer la mise en page avec Philippe Ghielmetti d’ici un mois. Ce qui fait un délai presque raisonnable pour une parution à l’automne. En même temps que notre livre sur Le Moustique et le Spirou de Jijé. Sans parler de celui sur les bandeaux-titres de Franquin mais pour lequel, là, nous ne faisons que superviser la réalisation. Les commentaires, c’est un autre fin spécialiste qui s’en charge… Mais de ça, comme pour Valhardi, je vous en reparlerai le moment venu.

Le dernier volume de l’intégrale Tome et Janry devrait bientôt paraître. En mai je crois.

D’ici là, faites donc ce qu’il vous plait !

Ch.