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31 mar 2014, Commentaires (4)

Diable !

Auteur: christelle

Diable ! Je m’aperçois que je suis restée deux mois silencieuse sur nos activités spiroutuelles. A croire que c’était des vacances. Et pourtant, ces deux mois ont été riches en déplacements à Bruxelles ou Marcinelle, pour l’un ou l’autre rendez-vous.

Nous avons fait d’intéressantes et plaisantes rencontres. La plus anecdotique est sans doute celle du fils de Nicolas Stockemer, chauffeur historique des éditions Dupuis dont nous évoquions avec bonheur le parcours dans notre Véritable histoire de Spirou. Quelques belles photos, très belles photos, et une fois encore, une gentillesse chez cet inconnu qui nous a livré quelques souvenirs personnels de son père. Ce qui fait la particularité de notre enquête, c’est justement ce rapprochement avec ces familles, qui n’ont en réalité rien demandé, et qui donnent tant. Notre route croise la leur, brièvement, et leurs proches entrent de plein fouet dans l’histoire que nous cherchons à raconter. Sauf que contrairement à la fiction, tout est bien réel.

Nous avons également rencontré quelques enfants de Gabriel Delobbe, qui a fait toute sa carrière aux éditions Dupuis. C’est à lui qu’on doit toutes ces belles photos d’Yvan Delporte que nous avions publiées dans l’ouvrage que nous lui avions consacré. Là encore, gentillesse et simplicité.

Nous passons cette fin de semaine à Bruxelles, dont nous sommes des familiers. désormais. Vendredi, nous rencontrerons une nouvelle « branche » de la famille Doisy. Je ne saurais dire avec honnêteté si ce rendez-vous a été pris pour le plaisir de l’évoquer ou bien pour en savoir davantage encore. Après tout, on en sait déjà beaucoup, voire même suffisamment… Allez, ne boudons pas notre plaisir après tout ! Samedi, c’est un des fils d’Henri Gillain que nous rencontrerons, pour parler de Champignac. On va pouvoir vous en raconter des choses sur Champignac. Et vous montrer des photos… à tomber à la renverse !

Entre deux voyages, nous passons beaucoup de temps à étudier des documents d’archives. Autant pour le premier volume, nous nous sommes beaucoup reposés sur les témoignages, autant pour cette suite, nous découvrons la matière dans les archives.

Nous nous sentons très chanceux car Isabelle Franquin met à notre disposition des documents d’une qualité incroyable dont nous tirons la moindre goutte. Comme je dis souvent, nous faisons feu de tout bois et un simple détail ou anecdote dans un courrier ou un agenda déclenche des questions en cascades et entraîne de nouvelles recherches. Et des trouvailles. Le plus rageant, c’est lorsque certains documents contredisent certains témoignages, ou mettent sous le nez quelques erreurs que nous avons commises. Par exemple, cette très belle photo de Franquin publiée en page 236 de notre livre. On la situait aux alentours de 1945. Sauf que nous avons trouvé sa « petite sœur » datée au verso. Et ça n’est pas du tout 1945…  Saperlotte ! Ca, c’est vraiment énervant. Par contre, ce qui nous plait bien, c’est que maintenant, grâce à des élément pris de-ci de-là, on connait la petite histoire de ce moment immortalisé… Ca, c’est gai ! Les livres de compte de Franquin nous ont également induits en erreur, erreur que vous retrouverez dans la chronologie de la vie de Maurice Rosy publiée dans Rosy c’est la vie qui sort ce mois-ci chez Dupuis. Nous avons inscrit un voyage chez Jijé en mai 54… sauf que ce n’était pas à ce moment-là de l’année. Franquin ne tenait pas ses comptes avec vous beaucoup de rigueur et nous l’avons appris à nos dépens. Maintenant, même si c’est du détail et que cela ne changera pas la face du monde, on râle ! Mais grâce à toutes ces informations que nous recueillons partout où elles se trouvent, notre chronologie s’étoffe, les évènements se répondent les uns aux autres et le récit prend forme de façon assez magique. Je crois que la mise en écriture de cette époque va être assez jubilatoire tant tout est contenu dans ce  simple document que nous avons simplement intitulé « chronologie 1947 – 2013″.

Nous sommes le 31 mars 2014 et nous voyons l’échéance arriver, le moment où nous devrons stopper toutes les recherches pour passer à l’étape finale. C’est à la fois très excitant, mais aussi très mystérieux. Retrouverons-nous cet état de fébrilité et d’énergie qui nous a envahi la première fois ? Les sensations étaient extrêmes, l’écriture quasi automatique, nous réveillant la nuit pour reprendre un passage que nous pensions pouvoir améliorer… Rien n’existait plus. Oui, c’était décoiffant. Surtout après trois ans d’enquête et de recherches minutieuses, le contraste était saisissant.

Nous avons une idée très complète de ce que nous allons vous raconter, mais en même temps, quelle tête cela aura-t-il ? Et surtout, quelle tête aura notre Spirou de couverture ? ! Comment faire aussi fort que ce merveilleux Spirou dessiné par Jijé ? Bien sûr, il s’agira d’un Spirou de Franquin et il sera par nature sacrément beau. Mais il n’aura pas le même traité que le précédent, et on le regrette déjà. Au point qu’on se demande parfois si nous n’allons pas demander à Yoann de dessiner dès maintenant un portrait de son Spirou que nous n’utiliserons que pour la couverture du tome 9 (façon de parler !) où il sera question de son travail !

Pour le moment, nous établissons une sorte de planning des dernières personnes qu’il nous reste à rencontrer pour aborder les faits ou points que nous devons encore développer. Ce qui représente environ une dizaine de personnes.

Après cela, je crois que nous passerons notre été à finir de retranscrire les entretiens non traités à ce jour. Un fameux boulot ! L’automne arrivera très rapidement. Peut-être trop rapidement…

Partout, toujours !

Spi.