Archives: juillet 2012

Aujourd’hui, alors que le texte est terminé depuis un mois, de nouvelles informations nous arrivent… Et plus on creuse, plus on trouve ! La semaine dernière, nous avons passé deux journées à fouiller des archives privées et, alors même que nous y avions déjà eu accès, elles nous ont révélé des éléments que nous n’avions pas vus à  l’époque. Alors, puisque la correction du texte est en passe de se terminer et que la mise en page commence lundi prochain, on glisse quelques éléments ici ou là, histoire de vous donner à lire une histoire au plus près de tout ce que nous en savons. Mais gérer autant d’informations et de sources nous file le tournis.  C’est à devenir fou ! On sait que nous pourrions consacrer encore six mois pleins aux recherches sur cette première époque.  Nous sommes avides de cela, et en même temps, absolument épuisés. Pourtant, nous découvrons presque chaque semaine de nouvelles pistes qui, on le sait, seraient un terreau fertile. Que faire ?

On sait qu’on est trop passionnés par le sujet pour ne pas poursuivre l’enquête, ne serait-ce que pour nous-même. Et, qui sait, peut-être un jour pourrons-nous en faire état dans une nouvelle édition, revue et augmentée ?

Mais il y a des choses qui sont absolument à votre portée. Par exemple, si vous êtes curieux de connaitre mieux Jean Doisy, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de quelques uns de ses romans. Publiés chez Dupuis entre les années 30 et 40, ils sont facilement trouvables sur internet, et à petit prix (entre 5 et 10 euros). Je viens de terminer Le Fils du dompteur et La Maison des Raineux. Le premier a le mérite de mettre en avant son côté avant-gardiste car il fait appel à des concepts de psychanalyse pure qui, en ce temps-là, étaient loin d’être communs. J’ai une dédicace de Maurice Grévisse (auteur du fameux Grévisse et grammairien Belge fort reconnu) qui dit : « A mon ami Doisy, à qui rien d’humain (pas même la grammaire), n’est étranger. »  Et effectivement, on comprend bien, à la lecture de cet ouvrage, qu’il était fort préoccupé par les comportements de ses semblables. Du coup, rien de ce qu’il a pu faire au sein de Spirou n’est étonnant. Le second texte est, lui, remarquable de fines allusions autobiographiques. Il y a de lui dans chacun des personnages, c’en est même extraordinaire. Au détour d’un évènement romanesque, il ne se prive pas de faire état de ses propres idées. Et puis, alors que nous savions peu de choses sur son séjour en Angleterre dans les années 20, aujourd’hui je peux très précisément vous situer son point d’ancrage. Ses descriptions sont trop précises pour ne pas être le fruit d’une  découverte personnelle de la région. Idem quand il parle de la nature et des Ardennes. Ce qui est amusant, c’est qu’à travers ses textes, on peut deviner quelles étaient ses formules favorites. Il y en a deux ou trois qui reviennent trop régulièrement pour ne pas être des tics de langage.

Lisez également, si ce n’est déjà fait, ses reportages pour Le Moustique. Toutes ces lectures sont édifiantes et permettent de prendre toute la mesure de ce personnage fascinant.

Bien, il est tard, et j’ai encore quelques mystères à élucider !

A très bientôt,

Spirouette, pour vous servir.

11 juil 2012, Commentaires (0)

la ligne du temps

Auteur: christelle

Le texte rendu, n’allez pas croire que tout est fini pour autant. Nous avons tellement relâché la pression que nous mettons un temps fou à terminer les annexes. Aujourd’hui, je viens de passer quelques heures à compléter la ligne du temps. C’est une gigantesque chronologie dans laquelle j’inclus à la fois des repères biographiques et bibliographiques relatifs aux acteurs de Spirou (Rob-Vel, Jijé, Davine, etc.) mais aussi de l’entreprise Dupuis, de Spirou ainsi que du Journal de Spirou. Cela offre une lecture en perspective des évènements assez saisissante. On se rend compte de « qui faisait quoi » à un moment donné et les écarts sont souvent éloquents. L’idée au départ était d’établir une bête chronologie mais ayant vu une ligne semblable établie par Philippe Capart (dans un autre registre), j’ai eu l’envie de faire la même chose. L’idée était trop bonne !

Techniquement, c’est un travail assez dingue puisqu’il faut trouver les informations, les vérifier quand c’est possible… et avoir en tête tous les évènements, anecdotiques ou pas, qui méritent d’y figurer. C’est évidemment très subjectif et le but est tout autant de nous être utile comme base de travail que d’éveiller votre propre curiosité. L’idée est aussi de raconter le Journal de Spirou à travers ces nombreuses dates. Fatalement incomplète, cette ligne du temps est appelée à être sans cesse étoffée. J’imagine assez qu’après sa parution, certains d’entre vous ne manquerons pas de m’envoyer quelques éléments. J’avoue que l’idée d’un travail collectif me plait bien ; c’est plutôt sympa, non ?

De son côté, Bertrand a établi une bibliographie de Spirou dans le journal assez impressionnante. Il est reparti de zéro et a repris chaque numéro du journal et en a répertorié tous les éléments : titre de la planche, numéro de la planche, signature, date de parution, numéro du journal… tout en restant absolument factuel. Effectivement, jusque-là, il en existait bien une réalisée par Thierry Martens mais à l’aune de ce que nous savons désormais sur Spirou, elle paraissait trop incomplète. Là encore, les informations relevées par Bertrand nous paraissent apporter une lecture différente, collant davantage avec le récit de Spirou tel que nous l’avons fait dans l’ouvrage.

Cela n’a l’air de rien mais derrière ces listes, ce sont des dizaines d’heures de recherches. Nous sommes bons pour l’hôpital psychiatrique ! Nous partons samedi pour quelques jours de vacances, loin de tout ça. Seulement, on sait qu’à notre retour, on ne va pas chômer. Notre éditeur nous a réservé quelques beaux dossiers d’intégrales à rédiger, à livrer au plus vite, que nous devrons mener de front avec la supervision de la mise en page de notre Véritable Histoire de Spirou. Mais heureusement, Philippe Ghielmetti connait suffisamment bien son travail pour que nous n’ayons pas à lui tenir la main lorsqu’il fera la mise en page. Nous pourrons donc nous consacrer pleinement à l’intégrale Rob-Vel, prévue en janvier ou février prochain, et aux quelques autres beaux projets éditoriaux de Dupuis. On va continuer à s’amuser comme des petits fous… Sans doute que nous aurons envie de prendre un peu de distance avec le tome 2 de Spirou. 150 pages ont déjà été écrites (puisque nous étions censés raconter Spirou jusqu’en 1950) donc on peut se permettre quelques écarts sans craindre le retard de publication prévu en 2015…

Bonnes vacances et à bientôt,

Spirouette