Aujourd’hui, alors que le texte est terminé depuis un mois, de nouvelles informations nous arrivent… Et plus on creuse, plus on trouve ! La semaine dernière, nous avons passé deux journées à fouiller des archives privées et, alors même que nous y avions déjà eu accès, elles nous ont révélé des éléments que nous n’avions pas vus à l’époque. Alors, puisque la correction du texte est en passe de se terminer et que la mise en page commence lundi prochain, on glisse quelques éléments ici ou là, histoire de vous donner à lire une histoire au plus près de tout ce que nous en savons. Mais gérer autant d’informations et de sources nous file le tournis. C’est à devenir fou ! On sait que nous pourrions consacrer encore six mois pleins aux recherches sur cette première époque. Nous sommes avides de cela, et en même temps, absolument épuisés. Pourtant, nous découvrons presque chaque semaine de nouvelles pistes qui, on le sait, seraient un terreau fertile. Que faire ?
On sait qu’on est trop passionnés par le sujet pour ne pas poursuivre l’enquête, ne serait-ce que pour nous-même. Et, qui sait, peut-être un jour pourrons-nous en faire état dans une nouvelle édition, revue et augmentée ?
Mais il y a des choses qui sont absolument à votre portée. Par exemple, si vous êtes curieux de connaitre mieux Jean Doisy, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de quelques uns de ses romans. Publiés chez Dupuis entre les années 30 et 40, ils sont facilement trouvables sur internet, et à petit prix (entre 5 et 10 euros). Je viens de terminer Le Fils du dompteur et La Maison des Raineux. Le premier a le mérite de mettre en avant son côté avant-gardiste car il fait appel à des concepts de psychanalyse pure qui, en ce temps-là, étaient loin d’être communs. J’ai une dédicace de Maurice Grévisse (auteur du fameux Grévisse et grammairien Belge fort reconnu) qui dit : “A mon ami Doisy, à qui rien d’humain (pas même la grammaire), n’est étranger.” Et effectivement, on comprend bien, à la lecture de cet ouvrage, qu’il était fort préoccupé par les comportements de ses semblables. Du coup, rien de ce qu’il a pu faire au sein de Spirou n’est étonnant. Le second texte est, lui, remarquable de fines allusions autobiographiques. Il y a de lui dans chacun des personnages, c’en est même extraordinaire. Au détour d’un évènement romanesque, il ne se prive pas de faire état de ses propres idées. Et puis, alors que nous savions peu de choses sur son séjour en Angleterre dans les années 20, aujourd’hui je peux très précisément vous situer son point d’ancrage. Ses descriptions sont trop précises pour ne pas être le fruit d’une découverte personnelle de la région. Idem quand il parle de la nature et des Ardennes. Ce qui est amusant, c’est qu’à travers ses textes, on peut deviner quelles étaient ses formules favorites. Il y en a deux ou trois qui reviennent trop régulièrement pour ne pas être des tics de langage.
Lisez également, si ce n’est déjà fait, ses reportages pour Le Moustique. Toutes ces lectures sont édifiantes et permettent de prendre toute la mesure de ce personnage fascinant.
Bien, il est tard, et j’ai encore quelques mystères à élucider !
A très bientôt,
Spirouette, pour vous servir.

