Archives: mars 2012

24 mar 2012, Commentaires (2)

13 + 16 = 29 pages !

Auteur: christelle

29 pages, voilà exactement là où j’en suis. On est vendredi, il est 22 heures 13 et je viens de fermer la première partie sur laquelle je travaillais depuis le début de l’après-midi. Avant cela, soucieuse de conserver une certaine rigueur chronologique, et surtout une avancée progressive et organisée du texte, je m’étais échauffée sur l’introduction.

Treize premières pages pour raconter les éditions Dupuis, depuis la naissance de Jean Dupuis en 1875 jusqu’à 1937, date à laquelle il décide de fonder Spirou. Sous forme rédactionnelle, émaillée d’extraits d’entretiens, j’ai voulu prendre le temps de cette longue intro pour camper l’ambiance. Spirou n’est pas né là par hasard et il serait absolument incongru de le couper de ses racines prises dans celles de la famille Dupuis. Pour raconter cela, nous avons la chance de bénéficier du très précieux appui de leurs archives familiales.  A la fois les célèbres mémoires de Jean Dupuis écrites lors de son exil en Angleterre pendant la guerre, mais aussi de celles de sa fille aînée Marie-Louise, ainsi que des souvenirs des petits-enfants de Jean. Pourtant, malgré cette base de travail solide et sérieuse, j’ai malgré tout du faire face à quelques incohérences : pour un même évènement, les différentes sources me proposaient des années différentes ! Qui croire ?! De micro-enquêtes se sont imposées… Quand je vois la qualité des documents originels, je reste perplexe sur toutes les infos qu’on trouve sur le net… Dans un souci de pure précision à l’attention des futurs chercheurs qui se pencheront sur Spirou, j’ai essayé tant que je le pouvais d’intégrer des précisions qui peuvent sembler superflues, telles que les diplômes exacts de René Matthews, les dates exactes de mariage (relevés d’après le livret de famille), les prénoms exacts et complets, etc. Autant de détails qui, dans le cadre de certaines recherches, peuvent grandement aider à dérouler le fil.

Comme je vous le disais, 13 pages pour cette intro. Afin qu’elles ne soient pas 13 pages de trop, je me suis évertuée à rendre le récit plaisant ; l’idée serait qu’il puisse se lire « comme une histoire ». Ce soir, je n’ai évidemment aucun recul et c’est là justement que ma collaboration avec Bertrand prend tout son sens. A lui, maintenant, de lire mon texte et de l’améliorer. Une écriture à quatre mains, en deux temps, si vous voulez. C’est ainsi que nous procédons pour les dossiers des intégrales, par exemple, et il est vrai que c’est un fonctionnement qui nous va bien. J’ai confiance en ses remarques et nous avons suffisamment d’expérience en la matière pour savoir « à peu près » gérer les difficultés de façon harmonieuse. Au pire, on s’engueule, mais la vie commune vient prendre le relais quand l’écriture nous oppose !

Et les 16 autres pages, me direz-vous ? Ah, les 16 autres pages… 1937-1938, autrement dit la naissance de Spirou. Et si j’ai poursuivi ce soir le travail en soirée, c’est parce que je voulais aller jusqu’au bout de cette première partie du premier chapitre… Réalisée sous forme de témoignages qui se répondent les uns aux autres, une polyphonie au doux accent wallon… Parfois, et c’est merveilleux, les interventions se répondent les unes aux autres, s’imbriquent comme par magie… et je ne peux alors m’empêcher de pousser un cri victorieux ! Comme je vous le disais précédemment, à cette étape là du travail, ça passe ou ça casse. Et j’avoue que pour le moment, ça passe plutôt bien. Et quand ce n’est pas le cas, je laisse tomber et me dit que telle ou telle intervention pourra bien prendre sa place ailleurs. Je vous l’ai dit, ce livre est un puzzle !

Mais là aussi, je manque quand même de recul. Attendons la relecture de lundi !

Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace !

Bon week-end à vous, il va faire très beau…

Spirouette-cacahuète !

17 mar 2012, Commentaires (0)

Rob-Vel, l’interview rêvée…

Auteur: christelle

voulez-vous que je vous raconte une anecdote amusante ?

Hier matin, alors que Bertrand me reprochait un sommeil agité, je lui rétorquais crânement que si sommeil agité il y avait eu, il n’empêche que cette même nuit, j’avais interviewé Rob-Vel… en rêve, évidemment. Ce à quoi, ahuri, Bertrand m’a répondu : « Incroyable, moi aussi j’ai rêvé que je l’interviewais… » Nous n’avons pas fait le même rêve puisque moi, je rencontrais Rob-Vel dans son petit deux pièces près de la gare de l’Est, et lui, dans son pavillon, Villa Félix Faure.

Voilà pour l’anecdote. Vous avez le droit de rire de nous, on l’a fait bien avant vous !

Un joli Spirou, venu de 1938...

Pour revenir à Rob-Vel, il y a quelques semaines, nous vous racontions par quel étonnant hasard nous avions retrouvé sa petite soeur. Aujourd’hui, nous sommes toujours en relation avec elle, via son fils, et si nous regrettons que son témoignage ne nous apporte pas davantage de précisions sur le contexte de la création de Spirou, nous sommes absolument comblés par la richesse des quelques photos qu’ils nous ont offerts. Peu, mais quelles photos ! Exactement ce que nous cherchions : Robert Velter, en uniforme sur les paquebots et, le joyau, une magnifique photographie le représentant avec son épouse Blanche, en 1938-1939, dans leur pièce à vivre de leur deux pièces près de la Gare de l’Est, là exactement où fut créé Spirou. Robert à sa table à dessin, elle, debout, à ses côtés ; un décor magnifique : sur la porte, un fanion Spirou punaisé, une table de salle à manger, un châle à franges posé sur un fauteuil, une étagère de livres et, au-dessus, l’extraordinaire portrait de Blanche réalisé par Luc Lafnet, celui-là même que nous reproduirons dans notre ouvrage. Les voir ainsi, dans leur univers, est infiniment émouvant. Leur couple prend corps, on est dans la magie d’un passé revenu. Nous ne dirons jamais assez l’importance de prendre son temps pour de telles recherches : 2 ans et 4 mois que nous sommes sur le sujet et nous faisons encore des découvertes aussi fabuleuses…

Nous conservons évidemment cette précieuse documentation sauvegardée en de multiples endroits et nous sommes véritablement impatients de partager tout cela avec vous. J’ai bien conscience qu’on met vos nerfs à rude épreuve avec un tel délai mais c’est nécessaire. Le revers de la médaille, c’est qu’à force d’attendre, vous imaginez plein de choses et peut-être serez vous déçus… Enfin, on fait tout pour que cela n’arrive pas !

J’ai terminé hier soir la seconde phase d’écriture et lundi nous pourrons entamer la dernière ligne droite. C’est là que va se jouer l’essentiel de l’écriture, le rendu émotionnel de nos recherches telles que nous les vécues tout en restituant la richesse historique dont nous sommes aujourd’hui dépositaires. Trouver le juste équilibre, la parfaite distance. C’est là aussi que nous allons pouvoir vérifier la tenue de nos entretiens. La grande question demeure la suivante : « Avons-nous la matière nécessaire à notre récit ? »

Quinze semaines, voilà exactement le temps qu’il nous reste. Hier, l’un d’entre vous nous rappelait un des commandements du Code d’honneur des A. d. S. : « Un A. D. S. est toujours confiant et il est tenace. »

CQFD

Bon week-end,

Spirouette !

14 mar 2012, Commentaires (0)

Comme un puzzle de 10 000 pièces !

Auteur: christelle

Depuis que j’ai commencé la répartition des interventions de nos témoins, notre texte ressemble à un puzzle de 10 000 pièces. Chaque témoignage a soigneusement été organisé selon les sujets abordés (l’habit de groom, les A.d.S., le choix de Rob-Vel, la place du scénariste, le voyage au Mexique, l’avénement de Troisfontaines, etc.) et ma mission actuelle est de regrouper toutes les interventions à propos d’un même sujet sur un même document.

Je travaille donc les témoignages les uns après les autres et les répartis sur autant de documents que nécessaire. Le premier chapitre du premier tome en comporte trois (1898 La création des éditions Dupuis, 1937 la création de Spirou, 1938 parution du journal) mais chacun de ces documents est lui-même composé de sous-parties… et c’est là que ça se complique. Par exemple, dans le 4ème chapitre, le Voyage au Mexique est composé de deux documents à l’intérieur desquels figurent une bonne quinzaine de sous-parties. Premier document : le récit de cette épopée (Les raisons du départ, le départ, le voyage en bateau, la vieille Hudson, Tijuana, Mexico, Cuernavaca,  Don Bosco, Le départ de Franquin, les Etats-Unis, Montmarson, le nœud papillon de Morris, le retour des USA et TV Family). Second document : Spirou en Amérique (acheminement des planches, Spirou fait du cheval, Comme une mouche au plafond, Spirou chez les pygmées). Jusque-là, vous me suivez ? Je l’espère parce que ça n’est pas fini ! Chacune des aventures de Spirou est décomposées en autant de sous-parties que nécessaire ! Exemple, Spirou chez les pygmées : généralités, colonialisme, l’avion page 163 de l’intégrale, etc.

À chaque fois que je me trouve face à une intervention correspondant à une sous-partie, je la range donc à sa place, vite-fait bien-fait !

Cette décomposition hypra détaillée est la colonne vertébrale de notre récit. Organisée de façon chronologique, à chaque fois, c’est elle qui va nous permettre de faire évoluer le récit aussi simplement et naturellement que possible. L’histoire commence en 1898 et se terminera en 2018, à la sortie du 3ème tome, et avec cette méthodologie très structurée, nous sommes certains d’avancer dans la bonne direction. Je tire cette leçon tout droit du souvenir de mes entretiens avec Loisel qui me confiait trouver dans cette approche un formidable espace de liberté lui permettant toutes les digressions possibles tout en étant certain de ne pas perdre le fil de son histoire. Comme il a raison, le bougre. Une chose de plus que je lui dois !

Je suis donc attachée à cette mission de classement depuis une bonne dizaine de jours. Et compte-tenu de l’ampleur des sous-parties, il est absolument impossible de s’y atteler à deux ; cette décomposition appartient à ma logique, je l’ai bien en tête, et les interventions de Bertrand ne feraient qu’embrouiller les choses.

De son côté, il continue ses recherches dans les archives, à la recherche de l’une ou l’autre intervention qui lui aurait échappé. C’est un travail considérable que lui seul pouvait accomplir tant il est méticuleux. Pour l’heure, il a extrait des témoignages de près de 200 références qu’il a toutes épluchées et réépluchées. Celles-ci étant pour la plupart extraites de la presse autant spécialisée que locale, la liste des sources constituera pour les amateurs une belle base de données. Il a consacré à ces recherches un temps infini car pour avoir le document final, il aura d’abord fallu qu’il en apprenne l’existence puis qu’il lance un appel sur le net (via nos fidèles collaborateurs ou les forums). Et sur les 200 retenus, combien ont été écartés ?! La méthode semble être fructueuse puisque, je crois, il a réussi à obtenir tout ce qu’il cherchait. Même Didier Bastin, l’auteur du documentaire Tonnerre de Brest, silence ! nous aura contactés !

Très prochainement, je l’espère la semaine prochaine, nous pourrons passer à la seconde phase de l’écriture, la plus excitante : agencer, organiser les témoignages à l’intérieur de chacune de ces sous-parties de façon à construire un récit cohérent et à la lecture naturelle et limpide… Je vous raconterai cela aussi !

Spirouette