Archives: novembre 2010

17 nov 2010, Commentaires (2)

un an d’anthology…

Auteur: christelle

Le week-end dernier, nous avons fêté la fin de notre première année de travail sur Spirou antho, comme on l’appelle.

Un déjeuner avec Maurice Rosy tombait fort à propos… L’an dernier, il était le premier témoin que nous contactions. Delporte, Bobo, Attila, Spirou, autant de dossiers ou d’ouvrages qui nous ont donnés de sacrés alibis pour passer des moments délicieux avec lui. Une sorte de fidélité s’est mise en place malgré nous. Depuis notre livre sur Delporte, Maurice Rosy est notre référent de première catégorie, toujours accueillant, apaisant, étonnant dans son approche du monde, pertinent… Etrangement, il n’avait jamais eu droit à mes meringues.  Samedi, je lui en ai apporté des « parfaites ». Deux heures de cuisson à 90°C, sucrées juste ce qu’il faut, délicatement blanches, une forme voluptueuse… et moelleuses à l’intérieur. Les meringues, c’est ce que je sais faire de mieux.

Aujourd’hui, un an après avoir commencé notre enquête, le projet s’est fait nôtre, puis chacun se l’est approprié. Toutes les bonnes volontés convergent vers nous et aujourd’hui, les pistes nous arrivent toutes cuites : il ne nous reste plus qu’à aller pêcher le poisson. Dernièrement, le fils de René Matthews nous envoyait une longue lettre pleine d’idées pour de nouvelles rencontres, adresses et téléphones à l’appui. Nous n’avons plus qu’à contacter tout ces gens dont nous ne soupçonnions même pas l’importance. Jacqueline Dupuis nous envoi son témoignage corrigé et enrichi de plusieurs pages ; Jean Mulatier, grand fan de Franquin, nous appelle, impatient d’être soumis à la question ; Thierry Martens nous offre ses notes ;  et ce soir, le fils d’André Moons nous annonce qu’il a retrouvé une boite de diapos parmi lesquelles des photos des spectacles avec Spirou, Spip, Tif et Tondu… Des exemples parmi d’autres car les bonnes volontés se sont très souvent manifestées. Chacun se met en quatre pour nous aider, et ça, c’est chouette.

Depuis un an, nous avons du contacter environ 200 personnes pour recueillir à ce jour une bonne quarantaine de témoignages. Nous sommes heureux d’avoir réussi à entrer en contact avec les familles des pionniers de l’histoire de Spirou (Rob-Vel, Jijé, Doisy, Dupuis, Moons) et grâce à eux, nous sommes en train de compléter de façon assez inattendue l’histoire de Spirou et Fantasio. Si vous avez suivi nos recherches, vous avez alors pu vous rendre compte combien nous sommes nous-mêmes les premiers surpris !

Malgré toutes nos trouvailles, nous n’avons toujours pas achevé l’écriture de la première période qui nécessitera encore quelques mois de recherches. Nous n’avons toujours pas réussi à élucider le mystère de Davine : quels dessinateurs se cachent derrière ces noms ? La femme de Rob-Vel ? Oui, bien sûr, mais elle prêtait son nom à un peintre de ses amis, Luc Lafnet décédé en 1939… Van Straelen ? Oui mais quand ? D’autres encore ? Si oui, lesquels ? Autant de questions qui sont encore sans réponse.

Dans ce type d’écriture, le temps est une donnée déterminante  car, on a pu le voir, certaines pistes n’aboutissent que maintenant… Le temps nous aide aussi à la réflexion sur la forme de notre ouvrage. C’est dire s’il faut que nous en fassions notre allié.

C’est un travail colossal, et bien souvent, nous nous disons qu’être deux dans ce projet le rend tout simplement possible. Nous sommes sur tant de fronts à la fois qu’on n’est pas trop de deux pour ne pas perdre le fil de nos recherches.

Notre très grande chance est de travailler avec Dupuis qui a vraiment à coeur de nous aider à faire le livre rêvé. Sergio Honorez,  le directeur éditorial, nous offre des conditions de travail formidables, mettant à notre disposition toute l’infrastucture humaine, technique et médiatique dont nous avons besoin. Notre travail lui doit beaucoup, et nous aussi. Passionné autant que nous le sommes, on se comprend dans cette volonté de faire du bon boulot. Quand on parle du livre à venir, la même étincelle dans nos yeux que dans les siens ; une gourmandise toute enfantine. Nous sur le terrain, lui dans les coulisses à qui, régulièrement, nous rendons compte de nos découvertes…

On ne parlera jamais assez non plus de la nécessité du web dans nos recherches. Combien d’informations y avons nous trouvées qui nous ont permis de trouver des documents dont nous ne connaissions même pas l’existence, ou tout simplement, d’entrer en contact avec des gens qui, à leur tour, ont fait fonctionner leur réseau… Notre travail est indiscutablement le fruit de son époque.

Voilà, un an de Spirou anthology, c’est une année de virées à Bruxelles, de belles rencontres, de découvertes, de discussions quotidiennes, des mails par milliers… et la satisfaction de « faire » quelque chose. Hier, alors que nous faisions des recherches sur internet, nous sommes tombés sur un forum à propos de Spirou. Et là, grande joie ! Alors qu’un internaute disait que Fantasio avait été créé par Franquin, un autre a rectifié que Fantasio avait été créé par Doisy et André Moons. A la lecture de ces informations, on a réalisé que grâce à nos recherches, la réécriture de l’histoire de Spirou était en marche. Quel grand bonheur pour ce premier anniversaire !

A très bientôt,

Ch.

12 nov 2010, Commentaires (1)

Flûte alors ! suite…

Auteur: christelle

En vitesse, je vous donne quelques nouvelles de nos recherches autour de La Flûte de l’oubli.

Hier, un internaute nous a contacté pour nous donner une nouvelle piste de recherches. En 1980, en visite chez Franquin, il a évoqué devant lui ce feuilleton radiophonique. Franquin lui a alors proposé de lui en faire une copie, disposant de « tout le matériel ». Hélas, notre visiteur a décliné l’offre, manquant de temps. Ben oui, parfois, on fait de drôles de choix… Nous, on aurait adoré qu’il accepte…

Bref, partant de cette anecdote, nous avons contacté Isabelle Franquin. Nous lui avions déjà parlé de nos recherches mais elle ne se souvenait pas de ce document. Là, avec ces nouvelles informations, elle nous a promis de passer les affaires de son père au peigne fin. A défaut de résultat, nous irons, ensuite, faire de même avec les archives du CBBD !

Elle est également tout à fait enthousiaste à l’idée de retrouver son feuilleton ; voilà qui nous donne confiance en l’avenir.

Je crois que je peux commencer la cuisson des meringues promises à celui qui nous donnerait l’indice pour retrouver cette flûte enchantée…

Ch.

8 nov 2010, Commentaires (1)

Un temps de Toussaint…

Auteur: christelle

lundi 1er novembre, jour des morts.

ci-git Jean Doisy...

Forcément, je suis allée fleurir la tombe de mon « mort » à moi, Jean Doisy. Moi qui ne fleurit jamais aucune tombe de mes proches, je me trouvais là en bien curieuse posture : devant la tombe d’un homme que je n’ai pas connu mais qui me fascine, très émue avec mon pot de bruyère en fleurs… Je sais, je suis bonne pour l’internement : notre enquête sur Spirou aura été si intense qu’elle aura été fatale pour ma santé psychique… La grande question de Bertrand est simple : peut-il/doit-il être jaloux d’un homme décédé il y a 55 ans très exactement ?

Je plaisante bien sûr, mais il n’empêche que nous retrouver devant sa tombe était très étrange. A la fois, le plaisir de l’avoir « trouvé », mais en même temps, des regrets par milliers… Ses secrets étaient sous cette lourde pierre tombale et avec eux, l’espoir d’en savoir davantage. Nous avons revu sa belle-fille et discuté de nombreuses heures avec  elle et, je crois qu’on peut dire qu’on en connait désormais un rayon sur cet homme. Cependant, il en reste quand même une forte frustration.

On avance désormais plus lentement que ces derniers jours. Mais il faut avouer que les dernières semaines ont été extrêmement riches. La veille de notre visite au cimetière, nous étions avec le fils d’André Moons pour scanner en très haute définition des documents que nous réservons à notre anthologie.  Tout ce que je peux vous dire, c’est que ça a à voir avec Jijé… C’est du lourd, comme on dit. Du très très lourd… C’est même à se demander quel plaisir on pourra prendre à écrire les 30 dernières années de la vie de Spirou. Il y a fatalement moins de découvertes à faire, ce sera du témoignage au kilomètre… Enfin, ça, c’est l’impression que nous avons. Les choses peuvent évoluer…

A très bientôt,

ch;